And While We Were Here tente de brosser le portrait d’une femme en quête de liberté, mais échoue à lui donner un véritable pouvoir narratif. Jane, piégée dans un mariage terne, trouve en Caleb une échappatoire, mais pas une émancipation. Ce schéma — une femme entre deux hommes — reproduit un cliché plus qu’il ne le questionne. Le film reste dans un cadre patriarcal : Jane n’existe qu’à travers les hommes qui l’entourent, et sa quête d’indépendance se résume à un choix romantique, non à une réelle affirmation de soi.


Sur le fond, le récit frôle l'introspection féminine sans jamais la creuser. Jane n’a ni voix propre ni parcours autonome : ses désirs semblent toujours réactifs plutôt que décisifs. Le regard porté sur elle reste extérieur, parfois même esthétisant, ce qui renforce l’impression d’un film qui parle d’elle sans vraiment lui parler à elle.


En voulant capturer le tumulte intérieur d’une femme en crise, And While We Were Here préfère la joliesse à la justesse. Une occasion manquée de faire de Jane une figure pleine, complexe et affranchie.

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le 22 mai 2025

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