Ray vit dans une cabane au fin fond d'une forêt anglaise sans plus aucun contact avec qui que ce soit depuis dix ans (ou vingt : l'affaire n'est pas claire).

Son frère Jem, aussi cul béni que Ray est athée vit "en ville" avec sa femme Nessa et son fils Brian. Après une réflexion et une prière front contre front, Jem enfourche sa moto et va retrouver Ray l'homme des bois afin de remettre les pendules à l'heure et essayer de laver le linge sale en famille.

L'accueil de Ray n'est pas des plus chaleureux mais progressivement quelques conversations nous éclairent et nous découvrons pourquoi le gars s'est exilé volontairement et durablement. Il faut poireauter un bon moment avant de connaître le fin mot de l'histoire. Rien de bien neuf sous le soleil des traumatismes qui se ramassent à la pelle et dont nous aurons tous les détails (oreilles et yeux sensibles : c'est scato et sanglant).

Il n'y avait sans doute que le fils de l'immense Daniel Day Lewis pour réussir à le sortir de sa tanière et de son nouveau métier de... cordonnier. Au nom du père et avec son aide au scenario, Ronan le fiston filme donc papounet sous toutes les coutures. De près, de loin, de face, de profil, bien éclairé à la bougie. Il marmonne, crie, sourit (parfois), rit (rarement), mange comme un porc, bave, pleure, danse, court et tout cela au fil d'une histoire cousue de gros fils blancs dont on n'a à peu près rien à faire (parce que vue et revue) mais magnifiquement filmée on ne peut le nier. Ronan a déjà du savoir faire pour son premier film et il veut tout y mettre (comme la plupart des premiers filmeurs) quitte à intégrer des petites scènes surnaturelles ou oniriques, une fête foraine de nuit incongrue sur la plage mais photogénique, une pluie de grêles grosses comme le poing inattendue et des plans admirables de la nature si belle, si sauvage et si imprévisible ! Le reste se passe en huis clos, soit entre les deux frangins soit entre la mère et le fils au poing écorché.

MAIS, il y a Daniel Day Lewis.

Alors, est-ce que voir un film avec Daniel Day Lewis est suffisant pour se déplacer ? La réponse est OUI en ce qui me concerne. Ce visage magnifique, cette allure massive alors qu'il est toujours aussi svelte, cette voix, ce charisme, ces attitudes ronchonnes, difficile de s'en lasser. On comprend aussi que le fils ait envie de filmer ce beau visage, ce personnage qui pleure à la demande, fait palpiter ses veines du front et du cou sur commande et n'a qu'à paraître pour bouffer l'écran. Il démontre les nuances entre un bon, un grand et l'immense acteur qu'il est. C'est inexplicable et évident. Je ne vous fais pas un dessin, mon amour pour DDL est incommensurable.

Auprès de lui, il y a Sean Bean (mon Boromir et mon Ned Stark forever) qui mérite mieux que de jouer les faire valoir. Même à la course sur la plage, Daniel lui met une tôle. Mais Sean fait valoir admirablement et écoute consciencieusement et sagement son aîné. Comme toujours et comme disait William, le reste est silence.

Je suis assez d'accord avec Thibault Liessi du Dauphiné libéré :

"Il fallait l’intensité de Daniel Day-Lewis pour rendre chaque instant crucial, silences comme monologues. Il fallait la force de Sean Bean, pour ancrer le long-métrage dans le dialogue et non dans le one-man-show."

P.S. : les anémones du titre... mystère !

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le 31 mars 2026

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