Cela faisait presque dix ans que Luc Besson n'était pas passé derrière la caméra, le réalisateur préférant s'atteler à la production et à l'écriture de séries B calibrées pour le public adolescent (en très grande partie). C'est donc avec une certaine surprise que nous découvrons son huitième long-métrage, Angel-A, film à la production assez secrète, tourné très rapidement dans Paris et en noir et blanc, avec dans les rôles principaux l'inattendu Jamel Debbouze et le mannequin danois Rie Rasmussen.


Extrêmement sobre et d'une inhabituelle légèreté pour un film de Besson, Angel-A a le mérite de surprendre, indéniablement... En effet, le long-métrage possède une histoire assez simple, plutôt baroque, avec de nombreux effets spéciaux de qualité et une atmosphère étrange, déconcertante, accentuée par le noir et blanc de l'image.


Nous y découvrons André (Debbouze, moins niais qu'à l'ordinaire), un petit arnaqueur endetté jusqu'au coup qui va faire la connaissance d'une bombe sexuelle blonde d'1m78 (Rasmussen, une petite révélation) qui va le suivre et l'aider à régler ses problèmes avec plus ou moins d'extravagance...


Cette courte rédemption que vit André est donc simple mais touchante, ses mésaventures dans les rues de la capitale aux côtés de son ange gardien n'étant pas sans bonne humeur, la plantureuse blonde le tirant de ses trépas de façon assez amusante.


Le scénario est certes un brin trop facile, parfois drôle (la séquence dans les toilettes), inutilement vulgaire par moments, mais conserve néanmoins une poésie intacte et sincère ainsi qu'une qualité graphique indéniable, Besson ayant toujours son petit don pour nous livrer des films visuellement magnifiques.


Changeant de registre dans la forme pour garder les thèmes qui lui sont chers (la rédemption d'un homme par le biais d'une femme), le réalisateur parisien s'éloigne de ses gros blockbusters pour revenir à ses premiers amours et signe avec Angel-A un petit film intimiste, certainement pas son meilleur, mais une jolie surprise à voir donc.

MalevolentReviews
5

Cet utilisateur l'a également ajouté à sa liste Les meilleurs films de Luc Besson

Créée

le 15 avr. 2019

Critique lue 179 fois

Critique lue 179 fois

D'autres avis sur Angel-A

Angel-A

Angel-A

1

Gael_Violet

le 7 mars 2013

Suivre

Le sérial pilleur a encore frappé

"Tiens, ça commence à se voir que je suis un gros faisant sans talent. 'Faudrait peut-être que je fasse un film estampillable "auteur" pour redresser ma cote. Bon alors, qui je pourrais piller cette...

Angel-A

Angel-A

1

takeshi29

le 25 mai 2012

Suivre
Dernière modification

le 3 sept. 2014

Morandini de retour sur TF1 ? Non non, il s'agit du nouveau Besson.

Un mannequin danois qui tombe amoureux d'un petit arabe handicapé et suicidaire. Le tout dans un Noir et Blanc super léché... Vous pensez que c'est un sujet de la regrettée émission de Jean-Marc...

Angel-A

Angel-A

5

Hawk

le 26 juin 2021

Suivre

Angel-A : Retour difficile de Besson en tant que réalisateur

Après avoir atteint les sommets de sa renommée dans les années 90, le passage aux années 2000 en tant réalisateur fut très compliqué pour Besson car sa Jeanne d’Arc n’a clairement pas fait...

Du même critique

Wonder Woman 1984

Wonder Woman 1984

3

MalevolentReviews

le 26 déc. 2020

Suivre

Tant qu'il y aura des hommes

Toujours perdu dans une tourmente de décisions visuelles et scénaristiques, de décalages et de tonalités adéquates, DC Comics se fourvoie une nouvelle fois dans un total manque de cohésion et par...

Dune

Dune

5

MalevolentReviews

le 18 sept. 2021

Suivre

L'Épice aux étoiles

Attendu comme le Messie, le Dune nouveau aura été languissant avec son public. Les détracteurs de Denis Villeneuve s'en donne à cœur joie pour défoncer le produit à la seule vue de sa bande-annonce,...

Kaamelott - Premier Volet

Kaamelott - Premier Volet

5

MalevolentReviews

le 20 juil. 2021

Suivre

Les prolongations

Il l'a dit, il l'a fait. Plus de dix ans d'absence, dix ans d'attente, dix ans de doute, une année de retard à cause de la pandémie. Kaamelott a marqué la télévision, de par son ampleur, son aura...