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Deux anges, Raphaëlle et Gabriel, missionnés pour empêcher Paul et Léa de tomber amoureux ? C’est le pitch barré et presque sacré de Anges & Cie, la comédie romantico-mystique signée Vladimir Rodionov. Et si l’amour était un bug dans le plan divin ? Le film part de cette idée simple… pour dériver joyeusement.
Rodionov surprend là où on ne l’attendait pas. Habitué aux expérimentations visuelles sombres, il nous sert ici une fable tendre, drôle et un brin absurde. Le public attendait du spirituel léger, il obtient une valse étrange entre bureaucratie céleste et coups de foudre contrariés.
Le scénario tient sur une aile d’ange : deux êtres destinés à ne jamais s’aimer… mais que tout pousse l’un vers l’autre. La narration suit un rythme doux-amer, ponctuée de gags discrets, de scènes touchantes et de micro-miracles contrariés. Une scène d’aveux entre un ange et un pigeon reste un moment d’anthologie. Oui, un pigeon.
L’originalité de la situation (saboter un amour naissant) peine parfois à se renouveler dans les détails. On survole quelques clichés : pluie battante, regards à la fenêtre, baiser raté au seuil. Mais malgré ça, la tendresse opère. Parfois, un cliché bien cadré vaut mille twists ratés.
Justement, visuellement, c’est un bijou discret. Rodionov privilégie le cadre sur l’esbroufe, et la direction artistique oppose un Paradis blanc, froid, presque administratif, à une Terre vivante, chaleureuse. L’éclairage suit cette logique : clinique là-haut, caressant ici-bas. On dirait une rencontre entre Blade Runner et un téléfilm d’AMOUR.
Les acteurs font le reste. Élodie Fontan est parfaite en ange raide, progressivement fêlée par l’émotion. Romain Lancry est plus cabotin, plus libre, et ça fonctionne. Le duo Pestel-Boutella, du côté des humains, amène justesse et spontanéité. Ça sonne parfois faux, mais comme une note de piano mal jouée qui rend tout plus réel.
La bande-son de Baptiste Lagrave soutient tout ça avec une retenue émouvante : nappes célestes, piano timide, petits carillons de hasard. Et les bruitages ? Une réussite. Ailes, souffles, silences… tout participe à l’envoûtement doux.
Mais au fond, que dit le film ? Que parfois, les plans les mieux huilés échouent à contenir l’humain. L’amour échappe à la logique. Même divine. Ou peut-être que tout ça n’a aucun sens, et qu’on veut juste croire à quelque chose.
Finalement, Anges & Cie est un film mineur, mais précieux. Bancal, mais sincère. Divin, à sa manière.
Note : 7 sur 10. Pour ceux qui aiment quand le ciel déborde un peu sur la terre.