Le film raconte les tribulations d'enfants d'une dizaine d'années sur Porto ; on suit en particulier deux d'entre eux qui convoitent une jeune demoiselle...
Bien que Manoel de Oliveira soit décédé en 2015 à l'âge (très) respectable de 106 ans, avec plus de 80 ans de carrière, il a tourné ce premier film en 1942. Assez fou quand on y pense ; la Seconde Guerre Mondiale faisait encore rage ! Mais Aniki Bobo ne parle pas du tout de ça (d'autant plus que le Portugal était un pays neutre, du moins officiellement), mais suit des enfants dans leur vie de tout les jours, aller à l'école, jouer dans des bandes (où ils chantent cette comptine qui donne son nom au film), acheter des bonbons avec ses économies, et déjà les premiers émois sentimentaux avec deux petits garçons, de caractères différents, qui tournent autour d'une fille montrée comme angélique.
Le film évoque plein de choses, notamment la préfiguration du néoréalisme, car c'est tourné en grande partie dans les rues de Porto, ce que pourrait être Les 400 coups ou Le petit fugitif dans le sens où ça parle de l'enfance, mais ici de façon plus légère. Mais il faut dire que c'est non seulement très court, à peine plus d'une heure, mais au fond, il ne se passe grand chose de passionnant, en plus d'une musique assez pénible, car elle ne s'arrête quasiment jamais.
Il était sans doute personnel pour Manoel de Oliveira, mais je pense que Aniki Bobo reste surtout en tant que marqueur temporel d'une carrière incroyablement longue.