Qualitativement parlant, Animatrix est ce qu'auraient dû être Reloaded et Revolutions. En plus de flatter la rétine, il explore des thèmes plus intéressants que ceux des deux suites de Matrix.
Chaque segment présente une histoire différente (hormis The Second Renaissance qui est divisé en deux parties) mais le film dans son ensemble peut être considéré comme un prequel au premier épisode de la saga qui explore des idées inédites. La révolte des robots et la vie quotidienne des humains restés dans la matrice, deux thèmes passés sous silence, sont abordés dans plusieurs courts. La révolte comporte des incohérences mais rappelle directement la Shoah en utilisant des images vraiment choquantes, tandis que la vie quotidienne dans la Matrice est traitée en se focalisant sur un seul personnage laissant parler ses émotions, ce qui pousse le spectateur à utiliser ses sens pour interpréter ce qu'il voit.
Chaque court-métrage utilise un style graphique différent mais toujours poussé autant esthétiquement que dans la mise en scène. Il sera difficile de ne pas en trouver au moins un qui vous plaira. La qualité de l'animation et surtout de la texture des peaux du premier court est particulièrement bluffante. On a beau savoir que c'est fait par Square, difficile de se dire que cela a été fait en 2003 ! Le plus gros défaut d'Animatrix est le choix de l'ordre des segments : on commence et on finit avec les deux moins bons. Le premier est, comme je viens de le dire, magnifique, mais creux, et il utilise beaucoup le fan-service. Le dernier est inutilement alambiqué et ne va pas jusqu'au bout de son sujet, on reste vraiment sur notre faim. On finit sur quelque chose de décevant alors qu'on a eu le droit à quelque chose de bien tout du long, c'est dommage.