Après un passage inattendu, mais réussi au thriller avec Anna, le réalisateur britannique Joe Wright revient à l'adaptation littéraire, sept ans après celles d'Orgueil & Préjugés qui l'avait révélé, dirigeant pour la troisième reprise son actrice fétiche Keira Knightley. Cette fois-ci, le metteur en scène s'attaque à un monument de la littérature russe, déjà adapté maintes fois au cinéma, le chef-d'oeuvre de Léon Tolstoï, Anna Karenine.
Mais alors que l'on s'attendait à une adaptation classique de cet ouvrage, Wright fait le parti pris de mettre en place son histoire dans un théâtre aux décors mouvant. A partir de cette idée pour le moins originale, le metteur en scène nous subjugue par des trésors d'inventivités, faisant de son film un véritable bijou cinématographique. Les scènes s'enchaînent avec une fluidité déconcertante et de nombreuses scènes sont sublimées par cette réalisation très inspirée. Keira Knightley est une Anna Karenine magnifique illuminant le film, aux côtés d'un Jude Law étonnant de justesse dans le rôle du mari trompé et du jeune Aaron Johnson dans celui de son amant immature. Il faut également saluer le fait que Wright donne autant d'importance à l'histoire chaotique d'Anna et son amant à celle, plus calme, de deux autres personnages proches de l'héroïne, Lévine et Kitty, qui sont mises en parallèle tout au long du film.
Toutefois, le parti pris du réalisateur dans sa mise en scène peut agacer et décontenancer beaucoup de spectateurs, au même titre que le Moulin Rouge ! de Baz Luhrmann, dans son style moderne et clinquant. Sa longueur lui est également défavorable, le film s'allongeant sur plus de deux heures. Pour les autres, le spectacle sera éblouissant, même si le résultat de cette mise en scène singulière n'est pas aussi parfaite que certains pouvaient l'espérer.