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Y’a des gens, parfois, qui partent faire Saint-Jacques-de-Compostelle pour “se retrouver”. Antoinette, elle, elle prend un âne et trace dans les Cévennes pour courir après son amant. Pas franchement un pèlerinage mystique, mais alors, quelle rando.
On pourrait croire à une bluette bucolique à la sauce quinoa bio. En fait non. C’est drôle, piquant, parfois lunaire. Et Laure Calamy, que dire... Elle ne joue pas : elle respire le personnage. C’est elle, c’est nous, c’est toutes ces femmes qu’on a croisées un jour qui se sont entichées d’un type marié avec enfants, et qui finissent par discuter de la pluie, du beau temps… et de Nietzsche avec un âne.
Caroline Vignal, la réalisatrice, semble avoir trempé sa caméra dans un thé vert à la verveine en fusionnant Rohmer et les tutos de randonnées Décathlon. Résultat : un film modeste, mais désarmant de naturel. Y'a pas un plan qui pète plus haut que son image, et pourtant, on respire.
Et puis Patrick. L’âne. Ce personnage est un miracle scénaristique. Il ne parle pas, mais il vous regarde comme un prof de philo de terminale désabusé. Stoïque, fidèle, drôle malgré lui. Le compagnon rêvé si votre vie sentimentale ressemble à une série annulée après le pilote.
Les paysages ? Une carte postale de l’IGN qui aurait fumé de la lavande. Chaque détour de chemin est une leçon de lenteur. On se laisse marcher dessus par la beauté comme Antoinette se laisse marcher dessus par son cœur.
Oui, parfois, on se dit “mais pourquoi elle s’obstine, bon sang ?”, et puis… on se rappelle qu’on a tous été bêtes pour quelqu’un. Même si ce quelqu’un nous a laissé seul(e) sur une aire de pique-nique avec un sandwich triangle au thon.
Le public, lui, a adoré. C’est simple : même les cyniques sur YouTube avaient le sourire niais. Les spectateurs parlent d’un “film qui fait du bien”, “d’une bouffée d’air”... Un peu comme un mojito mental, mais sans la gueule de bois.
Bref. Antoinette dans les Cévennes ? Un âne, une femme, un détour salutaire. On y va pour rigoler, on en sort en voulant adopter un âne.