J’ai lancé Apex, pas forcément pour voir une Furiosa à cheveux long traquée par un Elton John chauve mais pour la forêt où tout ça a été tourné. Parce que bon, tout comme le scénariste, le réalisateur et probablement une bonne partie de l'équipe technique et des acteurs, j’avais pas grand-chose à foutre de cette intrigue, de cette zouze caractérisée uniquement par son trauma, et par ce psychopathe générique qui fait des trucs à la massacre à la tronçonneuse au cours de péripéties prévisibles débouchant sur un final attendu emballé de manière fonctionnelle. Ça n’a aucun intérêt, c’est pas vraiment méchant, c’est pas trépidant et y’a pas grand-chose à se couler dans le buffet à ce sujet. L'amateur de pelloches australiennes notera bien les deux petits rôles sympathoches tenus par Eric Bana, qui ramène sa goule saucissonnée le long d’une montagne en CGI dans l'intro du film, et par Aaron « Mystery Road » Pedersen qu'on retrouve ici dans un tout petit rôle de garde forestier. Depuis quelques années, il se fait plutôt rare alors c’est toujours un plaisir de recroiser sa ganache. Au-delà de ça, citons vite fait la présence fugace de Rob Carlton, vu dans le Paul Hogan Cinematic Universe (Strange Bedfellows, That’not my dog et The Very Excellent M. Dundee)... Mais tout ça n'a guère d'importance car la véritable star d’Apex, ce sont les paysages somptueux que l’on trouve dans les Blue Mountains où le film a été tourné. Bowning, Lithgow, Blackheath, c'est juste à côté de la Mermaid Cave où avaient été tourné les séquences avec les gamins dans Mad Max 3… Le film passe d’un endroit à l’autre de ces Blue Mountains pour composer une merveilleuse journée où l'on va enchaîner kayaking, trekking et varapping dans un cadre exceptionnel. Responsable et prévoyant, le film rappelle à tous qu’il faut bien penser à s’hydrater, que c’est dangereux de partir seul, qu’il faut bien informer les rangers sur le parcours de sa balade mais que si on se perd, faut pas s’attendre à ce qu’ils vous retrouvent. La nature est belle, mais attention, des serpents tigres peuvent se couler dans votre sac de couchage et les wombats risquent de dépouiller vos provisions si votre sac à dos n’est pas mis en sécurité en hauteur. On vous conseille de ne pas acheter ces merde de beef jerky vendus dans les stations services et, bien sûr, là-bas comme partout, on n'oubliera pas que les chasseurs sont des gros cons lourdauds. Certes, le film traite son volet horrifique et son psychopathe cannibale avec une nonchalante désinvolture, mais il nous emmène dans une chouette balade à travers l’une des plus belles forêt du monde. C'est déjà pas mal, mais si les amateurs de bestioles et autres ornithologues des salles obscures seront probablement un peu déçus devant l’absence de faune et les trois pauvres volatiles en CGI qu’on apercevra vite fait. Pas la truffe d’un wombat à nez poilu ou d’un glisseur à queue plumé, pas plus qu’on entendra le moindre kookaburra ou cassican flûteur. Apex apparaît donc, in fine, comme une occasion manquée et une déception. J'imagine qu'il faudrait ici blâmer la nature internationale de la production, peut-être pas au fait des réalités du terrain en termes de chipouettes.