Arco apporte une touche de lumière, un vrai petit arc-en-ciel, dans la froideur de notre mois d’octobre.
A l'instar d'un Miyazaki, se cache d'emblée sous sa mignonnerie et la vivacité de son univers coloré une réelle volonté d'interroger notre société : le danger des changements globaux à venir ou encore les dérives de nos nouvelles technologies.
Le long-métrage d'Ugo Bienvenu ne va cesser de reposer sur cette même ambivalence, entre le drame à venir et l'espoir d'un monde meilleur, tous deux représentés par la couleur. C’est ce double mouvement, à la fois lumineux et mélancolique, qui permet à Arco de toucher toutes les générations : enfants, adolescents comme adultes.
Tout en demeurant un long-métrage d’animation accessible, le film de Bienvenu réussit le pari de proposer globalement de la nouveauté dans le paysage de l'animation française, à commencer par son scénario.
Le film assume en effet un véritable parti pris narratif, celui d’un récit "complexe", basé sur des voyages dans le temps, procédé habituellement réservé au cinéma d’anticipation plutôt qu’à l’animation.
De plus, ce n'est pas forcément sa grande délicatesse qui suscite l’émotion du spectateur au fil du visionnage, mais plutôt une série de petits rebondissements scénaristiques intelligents, qui finissent par faire tâche d'huile à la conclusion du récit.
Parmi eux, on pense bien sûr aux deux sacrifices qui marquent le film : le sacrifice du robot de maison, qui semblait pourtant présager au départ d'un potentiel élément perturbateur du scénario et celui des parents d'Arco, ayant passé toute leur vie à chercher leur fils disparu.
Et ce scénario demeure à priori ouvert : les thèmes et autres messages ne sont jamais énoncés frontalement, laissant au spectateur la liberté d’interpréter ce qu’il juge pertinent dans cet univers partagé entre utopie et chaos. La conclusion illustre parfaitement cette démarche. Plutôt que de s’achever sur un discours explicatif ou moralisateur, Bienvenu préfère terminer son long-métrage sur une série photos de famille silencieuses clôturant le récit sur une fenêtre ouverte.