Soleil + Pluie = <3
Le cinéma peut repeindre la grisaille ambiante. Jacques Demy le réenchantait dans son univers haut en couleurs, souvent rapproché des contes, qualifié de féerie enfantine – à tort, c’est trop sombre pour les enfants. Le cinéma d’animation, trop vite qualifié de cinéma pour les enfants, porte en lui cette capacité d’enchantement coloré. Arco est le premier long-métrage animé d’Ugo Bienvenu, et détone dans le paysage audiovisuel actuel, par sa positivité. Si son réalisateur (et sa productrice Natalie Portman) avoue avoir voulu concevoir ce film comme un gros câlin, il se détache légèrement du genre de la science-fiction pour proposer un futur souhaitable et apaisé, sous la forme d’un arc-en-ciel. Sans doute autant inspiré par le style des studios Ghibli, que par le souvenir d’enfance d’E.T., Arco s’inscrit dans une vague récente de films animés français de SF (Mars Express, dernier en date), mais résonne un peu différemment : il dompte les peurs environnantes.
Parlant aussi bien aux enfants qu’aux adultes par son message universel et le sérieux de sa réflexion, son scénario quoique très simple, a cependant tous les ingrédients pour faire une bonne histoire.
Au début de l’été, Elio, des studios Pixar, mettait en scène un enfant seul qui devient ami avec des gentils extraterrestres après un quiproquo le faisant passer pour le chef de "euh la terre", dans une épopée en 3D déjà follement colorée. Ici, les enjeux sont plus sérieux, plus graves, plus contemporains, et le dessin est plus poétique, mais on aimerait qu'Arco soit le chef de "euh la terre". De même que l’an dernier, avec Flow, dans un monde englouti, on apprenait à nager pour s'en sortir, ici, avec Arco, on apprend à voler.
Porté par un casting de voix plus que cinq étoiles, ce film d’animation 100 % français couronné du Cristal au festival d’Annecy pourrait bien devenir un film culte dans les années à venir (reste à savoir quel futur nous offrirons à ces années, nos enfants).