Spleen nocturne et fausse note : quand le jazz sublime le crime.

  • C’est le genre de film qu’on regarde autant avec les oreilles qu’avec les yeux. En lançant Ascenseur pour l'échafaud, je ne m’attendais pas à être aussi happé par une simple déambulation nocturne. Pour cette expérience singulière, je lui donne un 7/10.

Ce qui m'a envoûté

  • ​Ce qui m'a le plus marqué, c'est l'ambiance. On n'est plus tout à fait dans le film noir classique, on sent déjà l'odeur de la Nouvelle Vague.
  • ​Jeanne Moreau est magnétique : Ses errances sur les Champs-Élysées, le visage nu, éclairé par les vitrines, sont d'une modernité folle. On ressent chaque bribe de son attente et de son angoisse.
  • La partition de Miles Davis : On ne peut pas parler de ce film sans son jazz. C'est plus qu'une bande originale ; c'est la voix intérieure des personnages. Elle donne au film une âme improvisée et viscérale.
  • La mise en scène : Le suspense dans l'ascenseur est extrêmement bien géré. C'est minimaliste, étouffant, et l'ironie du sort (ce fameux courant coupé) est d'une efficacité redoutable.

Mes quelques réserves

  • ​Si je ne monte pas jusqu'à 8 ou 9, c'est principalement à cause de l'intrigue secondaire. J'ai trouvé que le couple de jeunes "rebelles" qui vole la voiture était moins fascinant que le duo principal (Moreau/Ronet). Leurs péripéties m'ont parfois sorti de la tension dramatique que j'éprouvais pour Julien Tavernier coincé dans sa cage de fer.
  • ​De plus, le dénouement, bien que thématiquement logique, m'a semblé un peu précipité par rapport à la lenteur hypnotique du reste du film.

En conclusion

  • C'est un film d'atmosphère avant d'être un film d'action. Un chef-d'œuvre de style qui prouve que le hasard est souvent le pire ennemi du crime parfait.

Créée

le 30 déc. 2025

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