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le 7 févr. 2021
SuivreAsh(i)anti.
J'ai beau adorer Richard Fleischer, citer des tas de grands films, mais à la fin des années 1970, il était clairement en bout de course. Ici, il réalise un film tiré (parait-il) d'une histoire vraie,...
Tout le charme de l'orient ... une bucolique aventure au coucher du soleil sur les dunes?
euh non, pas exactement Dicky Fleisher est un filou. Outre le fait qu'il tourne à peu près tous les genres de cinéma depuis des décennies, le bonhomme enquille les prods comme Dean Martin les double scotch sec dans un bar de Las Vegas. On doit au gus des excellents films mais aussi des ménages, entendez des commandes de dernière minute. A la base Dicky n'était pas le premier choix de ce producteur suisse trentenaire mégalo et fou dingue ayant l'idée saugrenue de claquer un fric ahurissant, enfin surtout le fric de ses créanciers, pour produire une sorte de grosse meringue pleines de stars toutes venues piocher dans le puit sans fond des cachets astronomiques. Ledit producteur helvète fignole un scénar bien putassier ( un mixte entre Gérard de Villiers, auteur des SAS et Paul-Loup Sulitzer, c'est dire la rigueur morale du bazar), le refile à un autre Dick (mais Sarafian) avec un casting à faire pâlir Quentin Dupieux : Michael Caine, toujours partant pour se faire un gros billet sans trop bouger sa jolie bedaine d'anglais blanchâtre, Omar Sharif, entre deux banqueroutes au poker, Peter Ustinov aux prises avec les ouvriers de sa maisonnette en terre Suisse, loin, très loin du fisc de son pays d'origine, mais aussi Telly Savalas, toujours chauve. Le producteur se fâche avec le premier Dick, convoque ses pairs pour trouver un alternative (en fait il se convoque lui-même, ce jeune type sans grande fortune personnelle est seul aux commandes) et se décide de rester dans les D en proposant au trés efficace Richard Fleisher d'essayer de sauver cette entreprise complexe. Entre temps Telly Savalas s'est escamoté du projet, pas bégueule la prod remet la poche au larfeuille pour compléter le casting avec des vieilles gloires tels Rex Harrison et William Holden (et ses caisses de whisky, le monsieur étant d'une nature soifarde). Pour le reste le budget explose et nous voilà parti pour un tournage complexe avec des égos, du fric en pagaille et des créanciers inquiets devant la tournure du bouzin.
Ashanti cause trafique d''être humains, de traites des blanches, de vilains tortionnaires délicieusement campés par le fort cabotin Peter Ustinov (et la VF de Roger Carel, c'est dire le délice). Michael Caine lui survole le truc en essayant de se rappeler qu'il a des frais à combler, il fronce les sourcils et s'essaie au rôle d'homme d'action. Visiblement bien aidé par un agent à Hollywood ayant ses entrées, il a cumulé les films ratés entre la fin des 70's et la première moitié des 80's, à l'étude de sa filmo Michael Caine a donné son ok à pléthore de très mauvais films s'étant tous crashés au box office avec la suprême récompense, le nanar cinq étoiles, le navet galactique avec Jaws The Revenge qui mit un terme définitif aux errances du grand comédien. A noter que l'homme d'action voulant récupérer sa jolie épouse toute noire volée par des vilains grigous est en VF double par Gabriel Cattand, je ne veux pas faire mon chafouin mais a-t-on une seule seconde imaginer plausible un anglais tout blanc avec un bob et une chemise de colon avec des poches partout ayant de plus la voix du très distingué Gabriel Cattand comme susceptible de traquer dans tout le continent noir des affreux tortionnaires et assassins aux couteaux aiguisés puis au terme d'une aventure abracadrantesque réussir à l'extraire d'un destin peu réjouissant ?
Je ne vous cache pas que la VF apporte un élément de satisfaction supplémentaire au délice de ce rigolo gros film très cher... outre l'apparition soudaine d'un autre Suisse, un Genevois même, le très dégingandé Jean-Luc Bideau. Bref, on s'égare: cela dit, est-ce que c'est un grand film ? Non. Un bon film ? Même pas. Un nanar ? Non juste une sorte de gros plaisir coupable plein de trucs pas bons mais avec un charme absolu très suranné, vous voyez ces productions typiquement hollywodienne en cinémascope volontiers raciste, outrancière, faussement moralisatrice mais soyons juste très amusante à regarder. Je vous mets au défi, si vous tomber dessus à 3h du mat' une nuit d'insomnie dans votre pageot sur une chaine du câble vous regardez jusqu'au bout avec la certitude que c'est un peu moisi mais regardable.
Ah oui, en 1978 le film a fait un four et le producteur helvète une faillite retentissante.
A mon avis Michael Caine, lui, s'est offert une nouvelle bagnole avec des jantes en argent et des sièges en cuir couleur taupe...
Créée
le 20 juin 2026
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le 7 févr. 2021
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