Assassin's Creed est apparu en 2007 sur les consoles de jeux Playstation 3 et Xbox 360 et il est peu probable que l'éditeur/développeur Ubisoft ait prévu un tel succès et qu'on viendrait à en faire un film dix ans plus tard. Entretemps, un épisode est sorti chaque année de sorte qu'on a reproché à la licence de se "Call of Dutysé". Du nom du jeu de tir Call of Duty édité chaque année par Activision. La voir tenter une percée au cinéma est finalement assez logique tant les deux médias (jeux vidéo et cinéma) sont habitués à se tourner autour sans pourtant arriver à s'attraper.
Le film reprend la trame de base de celle du jeu. La pomme d'Eden, artefact façonné par une civilisation antique et permettant de contrôler les gens, fait l'objet d'une lutte acharnée pour sa possession. Deux factions plus précisément se disputent ses faveurs : les Templiers et les Assassins et, contrairement à ce que l'on pourrait penser, ce sont les Templiers qui font office de méchant. Ce postulat n'évoluera pas vraiment au fil des jeux. C'est une critique qu'on leur fera souvent. Celle d'un scénario n'avançant pas.
Afin de localiser cette pomme, la société secrète Abstergo, travaillant pour les Templiers, a mis au point l'Animus permettant à celui qui s'y trouve de revivre les souvenirs de ses ancêtres. L'Animus du film est assez différent de celui des jeux. Dans le film, on donne au héros son équipement mais je ne vois pas bien à quoi ça sert puisqu'il n'est évidemment pas trimballé à travers les siècles à l'aide d'une machine à remonter le temps.
D'ailleurs, chaque jeu dispose de son propre contexte historique. Le premier s'intéressait aux Croisades. Le 2, Brotherhood et Revelations nous propulsaient en pleine Renaissance italienne. Et c'était génial car les villes étaient minutieusement reconstituées. On s'y croyait. Assassin's Creed le film se base sur l'Espagne de la fin du XVème siècle mais ce n'est qu'un prétexte. Dans le jeu, les passages en dehors de l'Animus consistent essentiellement à parler aux personnages et à consulter ses mails. Dans le film, on est en Espagne seulement vingt minutes et ce n'est que pour des scènes d'action !
Ceci dit, elles sont relativement bien fichues malgré un filtre jaune assez pourri. Je me suis demandé si ça ne venait pas de ma télé. Mais bon, rien à dire là-dessus. Il y a les combats de masse au corps à corps (c'est une critique qu'on fait fréquemment au jeu. Il n'y a aucune difficulté dans les combats), les phases d'escalade, la lame secrète, les sauts de la foi. Globalement, le film est fidèle au jeu bien que je n'ai pas compris pourquoi la synchronisation totale à son ancêtre est synonyme de malaise.
Celui qui n'a pas joué au jeu vidéo sera forcément un peu largué même si l'intrigue est grossièrement résumée dans l'introduction. Reste qu'on a tellement été déçu à chaque adaptation au cinoche d'un jeu vidéo qu'il faut reconnaître que celui-ci n'est pas trop mal. A voir dans les futurs épisodes car il ne faudrait pas que les scénaristes tombent dans le même piège du manque de renouvellement. Altaïr et Ezio ont un nouveau copain. Même si ce ne sont que des pixels, je les préfère à ce Aguilar qui doit encore faire ses preuves à mes yeux. Ou transformer l'essai pour prendre une métaphore rugbylistique. Comme Ubisoft ne compte pas lâcher sa poule aux œufs d'or, il sera également intéressant de voir comment eux vont s'organiser de leur côté.