Assaut
6.4
Assaut

Film de Adilkhan Yerzhanov (2021)

Dans le village de Karatas (ville fictive récurrente chez Yerzhanov ), un établissement scolaire perdu dans l’immensité d’une steppe enneigée ; quelques hommes masqués y pénètrent sans que personne ne s’en émeuve. Un coup de feu alerte le gardien alcoolisé, le prof de math en plein cours, sa femme venue chercher les papiers d’un divorce lui permettant de quitter le pays. Tout le monde est évacué en bus, sauf les élèves du prof de math qui a bouclé à double tour ses élèves, dont son fils, pour aller fumer une cigarette.

Assaut est un film de prise d’otages, mais de cela il sera peu question. On ne saura pas qui sont les assaillants, leurs objectifs, leurs motivations, leurs revendications. On n’en saura pas plus sur la situation à l’intérieur du bâtiment occupé, sur les otages, leurs réactions, leurs comportements, leurs états d’âmes.

Tout va se concentrer sur la réaction de quelques habitants, parents, personnels, enseignants, qui vont s’organiser pour délivrer l’école. Mais ces huit personnes (sept hommes, une femme), vont rapidement s’avérer des personnages comme Yerzhanov les adore, une galerie d’incompétents, bande de pieds nickelés, farandole de guignols. Donc pas de thriller pur et dur. Et si à l’écran le décompte du compte à rebours avant l’assaut s’égrène, ce sera la seule manière de créer de la tension.

Pour le reste on va assister à la mise en place d’une stratégie où l’absurde côtoie le tragi-comique. Tests pitoyables de course pour déterminer le plus rapide, entraînement dans le plan d’école aux contours délimités dans la neige, exercices de tir à la carabine calamiteux pour décider du plus adroit, entraînement grotesque à courir couvert de peaux de moutons pour faire croire aux terroristes que c’est un troupeau qui s’introduit dans l’école.

Bref le scénario perd vite en consistance pour se résumer en une suite de gags burlesques, de comportements absurdes, d’événements grotesques lorgnant sur le cinéma déjanté des Coen, et l’humour pince-sans-rire à la Kitano… Ici, c’est drôle un moment, un peu limité dans la durée.

kinophil
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le 16 juil. 2023

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