Le retour du grand n'importe quoi qui se prétend sulfureux et subversif et ne semble finalement que machiste et bête. Tout en mettant en scène les exploits physiques et intellectuels d'une femme prétendument remarquable et en goupillant une intrigue alambiquée qui exploite au maximum les codes de l'espionnage, il faut le faire ! Je m'explique : voilà une agente secrète britannique qui reste incognito en affichant le look le plus tape-à-l’œil de l'univers, galope en stilettos, boxe contre des poids lourds en encaissant des coups qui défonceraient les blindages les plus épais, ne boîte que quelques pas avant de repartir en galopant sur ses stilettos, parle vingt langues couramment et mal l'allemand, a un cœur artichaut en titane, bref, enquille les paradoxes sans se soucier le moins du monde de la vraisemblance, mais c'est bien fait pour nous, on n'avait qu'à pas regarder ce genre de daube. Tout est outré, frise la caricature ou y cède carrément, enfile les clichés avec la balourdise la plus trash, accumule une violence à peine esthétisée pendant d'interminables scènes qui éclaboussent littéralement l'écran, bref, pour résumer, continue encore et toujours à exporter la violence yankee avec un culot qui mériterait un grand boycott, parce que, franchement, je ne vois pas à quel public ça peut s'adresser sans avoir des intentions bien peu louables. Les ados, friands de ce genre de délire outrancier, devraient être préservés par des gens un peu responsables, et les adultes qui atterrissent là-devant méritent une bonne expertise psychiatrique. Je m'inclus dedans... qu'allais-je donc faire dans cette longue pub Dior maquillée en match de catch mâtiné de sadisme ? Eh bien, voir un peu ce que trafiquaient quelques acteurs que je suis, dont John Goodman, que j'ai toujours bien aimé. Franchement, j'ai joué au majong pendant les scènes de baston et n'ai relevé le nez que pour profiter de la BO sympa de l'année 1989. C'est maigre, comme consolation.