Dans cette histoire, un jeune juge de Palerme (joué par Massimo Girotti) veut apporter la Loi dans une contrée arriérée de Sicile, loin de la capitale de l'Etat italien. Il se trouve confronté à la loi de la Mafia (dont le représentant est joué par Charles Vanel), à la loi du capitalisme local (un propriétaire de mine escroc) et à la loi du silence de la population.
Cela ressemble fort à un western américain des années 50 (mais pas du tout au western spaghetti des années 60). En fait on pense souvent à Bad Day at Black Rock - Un Homme est passé (1956), ce chef d'oeuvre de John Sturges.
C'est semble-t-il, sur un scenario de Germi, Monicellini et Fellini, le premier film en Italie où le mot de mafia est prononcé, et la description des moeurs locale est à la fois enseignante et courageuse.
Comme il arrive aussi dans beaucoup de bons westerns, le happy end final (ici la mafia accepte de collaborer à l'ordre judiciaire voulu par la Loi de l'Etat) contredit la description déployée dans le film, sèche, subtile et réaliste des rapports et des interactions entre tous les représentants des camps en présence.
D'ailleurs le happy end n'est que partiel : la mort du jeune amoureux (liée à une corruption morale extrême de la mere de sa fiancée et de son amant, significative des abus de pouvoir locaux) ou l'idylle avortée du juge et de la femme du baron sont plus en phase avec les distorsions de la vie morale et sociale décrites dans le film.
Le soudain revirement du chef mafieux semble une conclusion à contresens du déroulé de l'histoire, dont le réalisme intransigeant nous avait jusque là fort imprégné et impressionné.
(Notule de 2021 publiée en aout 2025)