Toujours avec un sens du décalage désorbité, parfois à la limite du malaisant, Dupieux a le mérite de dépoussiérer la comédie française, enlisée depuis bien longtemps dans ses poncifs moralisateurs, sociaux et communautaires, et versant souvent dans le vulgaire le plus racoleur possible.
Point de cela ici, l'absurde côtoyant le pathétique sans jamais se vautrer dedans, ayant toujours comme point de mire, de ne pas laisser le spectateur tranquille, mais plutôt de le manipuler gentiment, de le faire rire, mais jamais de manière ostensible, si bien que quand on regarde un Dupieux, l'on se demande toujours si notre réaction est bien appropriée face à telle ou telle scène.
Les digressions sont savoureuses, et l'intercommunication des temporalités, un jeu de narration ludique et rafraichissant.
C'est donc toujours avec une proposition de cinéma que Dupieux appréhende la comédie, et rien que pour cela, il reste un auteur qui interpelle, qui étonne, qui créer quoi.