La famille Templeton vit à New-York en compagnie de leur fille de 11 ans, et ils sont des gens sans histoires. Seulement depuis quelques temps, un homme suit cette enfant, nommée Ivy, et il va apprendre à ses parents qu'il est persuadé qu'elle est la réincarnation de sa fille Audrey Rose, disparue 11 ans plus tôt dans un accident de voiture.
J'ai mis du temps à voir Audrey Rose sans doute influencé par l'affiche, car je pensais, à tort, qu'il s'agit d'un film tourné dans le sillage de L'exorciste. Or, ça n'est pas du tout le cas, si on excepte la présence d'une petite fille et c'est tout, mais il s'agit plus de réincarnation et de ce qu'on pourrait appeler l'étrangeté de Freud, à savoir vivre des évènements qu'on pense avoir connus dans une autre vie, ce qui rappelle Vertigo et plus tard Shining. Il s'agit aussi d'un des derniers films de Robert Wise, qui fut décidément un touche-à-tout de génie, et qui met en scène cette histoire avec une croyance que je trouve touchante. Nous sommes dans le point de vue des parents naturels d'Ivy, joués par John Beck et Masha Marson, et si l'un pense que ces histoires sont des sornettes, elle voit les choses de manière plus rationnelles et va peu à peu se laisser convaincre par cet homme étrange, joué par Anthony Hopkins, que sa fille pourrait être une autre. Car les coïncidences sont troublantes, dont l'évocation du feu où elle semble vouloir s'en approcher, une réminiscence, jusqu'à une dernière partie plus scientifique dirons-nous.
Bien qu'il n'ait pas eu de grands moyens Robert Wise sait distiller la tension avec efficacité, aussi bien en jouant sur le son que sur le jeu de ses acteurs, en particulier Anthony Hopkins et la jeune Susan Swift ; je suis moins convaincu par John Beck et sa moustache, qui semblent toujours jouer sur le même ton.
Bien que Audrey Rose soit occulté dans l'oeuvre de son réalisateur par les kilomètres de chefs d’œuvres au cour de sa carrière, j'avoue que c'est une très bonne surprise.