J'avais fait l'éloge dans une critique précédente du Napoléon vu par Abel Gance (version ultime de son chef-d'oeuvre de 1927 visionnaire sortie en 2024). Aujourd'hui en ce jour anniversaire (220e du sacre et 219e d'Austerlitz) de plus grande victoire de l'Histoire de France et plus grande bataille de l'Histoire tout cours, je me suis dit que ce serait un bon geste d'enfin visionner ce film.


Le titre est peut-être pas objectif. Le scénario traite évidemment La Bataille mais seulement dans son acte final. L'intrigue débute avec la paix d'Amiens (25 mars 1802) entre la France et l'Angleterre. Il faudrait vérifier si ce choix est pertinent pour aboutir à une conclusion flamboyante comme Austerlitz. Peut-être faut-il excuser ce grand poète qui est Gance car ses choix événementiels servent certainement la dramaturgie de son film dans un certaine mesure. Il faut saluer ce projet déjà car il revient derrière la caméra pour mettre en scène un nouvel épisode (qui peut donc être considéré comme le 3e) de sa fresque inachevée (devant comporter 6 à 8 films) sur Napoléon débutée avec le film éponyme de 1927. Faut-il lui en vouloir de caser autant dans choses ce film quand il sait lui même qu'il ne pourra pas concrétiser l'intégralité de son projet.


Ce que je trouve de dommage c'est que il n'y plus tellement de mise en scène comme dans le film muet. Il y a juste quelques jeux d'éclairages mais pas grand chose. Les décors sont impressionnant mais sentent trop le studio (surtout les scènes de campements dans le dernier acte) ce qui est dommage quand on voit les possibilités. Heureusement que quelques charges de cavalerie et séquences de batailles tournées en Yougoslavie.


Par contre le point fort du film, c'est Pierre Mondy. S'il n'a pas le physique de Napoléon il donne suffisamment de corps à son personnage. Il reproduit assez bien le sourire qui lui était si caractéristique. Il a aussi quelques bonne scènes de colère.

Le reste de la distribution est évidemment pharaonique et fait de l'effet. De grands noms apparaissent : Martine Carol (Joséphine de Beauharnais), Claudia Cardinale (Pauline Bonaparte), Jean-Louis Trintignant (Ségur), Michel Simon (le grognard Alboise), Jack Palance (général Franz von Weyrother) Jean-Marais (Lazare Carnot) et même Orson Welles (Robert Fulton).


J'ai beaucoup aimé l'humour du film également, léger et tout de même bienvenu. J'ai également apprécié les petites allusions de Gance au futur de Napoléon tout comme il en avait joué dans le film de 1927 :

Ici une allusion à Saint-Hélène (que l'empereur désire conquérir), le sous-marin de Fulton (un des nombreux projet d'évasion de Napoléon fantasmé ou pas) et le portrait de Marie-Louise (un enfant assez laid) à Schönbrunn.

Austerlitz est une fresque qui tombe dans un académisme un peu facile. Dieu merci il compense cela part une galerie de personnages vraiment attachants surtout le Napoléon de Mondy.


Créée

le 2 déc. 2024

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