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Le Nombril et le Néant !
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Le réalisateur en mal d'inspiration, sujet tarte à la crème auquel se frottent beaucoup de grands cinéastes, mais ce n’est pas la première fois pour Pedro Almodóvar. La Mala Educación ou Los Abrazos Rotos mettaient déjà en scène un personnage de cinéaste alter ego du réalisateur espagnol lui-même, mais c’est à Dolor y Gloria que l’on doit le parallèle le plus frappant. Banderas incarnait un réalisateur âgé, incapable de continuer à faire des films, retrouvant l’inspiration dans ses souvenirs d’enfance. Dans Autofiction, le réalisateur Raúl en panne d’imagination, se réfugie dans sa propre réalité. Il écrit un scénario inspiré de lui-même et de ses proches sans toutefois y trouver l’histoire qu’il souhaite raconter. Ce n’est que lorsqu’un drame arrive à sa plus proche collaboratrice, que l’écriture se délie…
Autofiction c’est le processus de création d’Almodóvar à l'œuvre, que l’on sait souvent inspiré par les histoires gigognes dans lesquelles on voit ce qu’un personnage pense ou imagine. Si l’on se retrouve en terrain connu d’un point de vue formel, ce nouvel opus d’Almodóvar a de quoi dérouter. On assiste ici davantage à un film en train de se faire qu’à un film terminé. Des personnages sont abandonnés en cours de route (celui du stripteaseur Bonifacio ou de la collègue Patricia), quand d'autres apparaissent pour aussitôt disparaître (Natalia). Ce n'est qu’au moment où l’on met le doigt sur le personnage le plus important (Mónica, la collaboratrice de Raúl) que le film se termine, précisément pour y trouver sa forme finale. Un film sur la création est forcément plus imparfait -pour ne pas dire brouillon- que la création elle-même. Tel est le projet d’Autofiction qui ne s’autorise qu’à esquisser ses personnages. Si Almodóvar puise habituellement dans son quotidien le moteur de sa création, la création faisant finalement partie intégrante de sa propre vie, il s'est résolu non pas à l’autofiction, mais à un film vertigineux sur l’autofiction.
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le 22 mai 2026
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