Otto Preminger c'est bien entendu Laura.
Mais sa filmographie est foisonnante de bons et grands films.
Avec cette autopsie d'un meurtre il nous réalise un modèle de film noir, un modèle de film de procès.
Attention le film n'est pas un film à suspense ni un film avec des rebondissements incroyables, non sa vraie qualité c'est la manière dont au fur et à mesure Otto tisse sa toile avec tous ses personnages.
L'autre qualité, même peut être la première c'est la distribution qui est parfaite.
James Stewart nous la joue avocat adorant pécher mais oui on parle bien de taquiner le goujon :).
Face à lui le jeune Ben Gazzara dans le rôle du militaire accusé d'avoir assassiné l'homme qui a violer sa femme interprétée par la sublime et envoutante Lee Remick.
A ce trio, je rajouterai l'immense Georges C Scott assistant de l'avocat général et le décor de ce très bon film noir est planté.
A noté d'ailleurs et c'était très rare à l'époque pour ce genre de film, celui dure plus de 2h30.
On ne voit pas du tout passer le temps, et je vais reprendre mes premiers mots, l'histoire n'est pas plus passionnante que cela, mais les passes d'armes et les multiples face à face sont à chaque fois de grands moments de cinéma.
Le premier étant pour moi, le face à face James Stewart Lee Remick qui vient lui raconter avec une candeur désarmante comment elle a été violée.
Le jeu de regard et la manière don Lee trouble James c'est aussi pour cela qu'on aime le cinéma.
Les autres passes d'armes, c'est bien entendu pendant le procès, et la manière dont Georges C Scott cuisine Lee Remick est un modèle du genre.
Et là aussi le jeu de regard, la manière dont l'un domine l'autre, c'est aussi cela le thème du film.
Car il ne faut pas oublier que le thème abordé pour les années 60 (nous sommes en 59) c'est le viol, et ce n'est pas la panacée pour l'époque.
D'ailleurs il y a une scène très amusante entre l'honorable juge et toutes les parties du procès, ou celui ci indique son inquiétude sur le fait que parler de slip risque de créer un émoi pendant le procès.
Donc tous cherche une manière de le dire différemment, on aborde le mot culote, mais finalement on garde le mot slip.
Et oui tout une époque.
Autopsie d'un meurtre c'est donc avant tout l'analyse d'une société d'homme et de femme, à travers une agression sexuelle, que beaucoup aimerait presque justifier.
L'ombre d'un doute, c'est aussi ce qui nous traverse pendant tout le film, de part la personnalité très libre de Laura Manion qui finalement est juste une femme belle, avec des formes et qui s'assume.
Mais là encore entre le procès d'un viol, ou le procès d'une époque à la fois prude mais obscène dans sa manière de penser, voilà la genèse de ce film très réussi dans sa conception et sa conclusion.
Alors impulsion irrésistible ou pas ?
En tous les cas le film pose aussi la bonne question, sans avoir réellement la réponse.
Quelle distance doit on avoir entre la Vérité et la Morale.
Une partie de pêche pour y réfléchir me parait judicieux.