Avignon
6.5
Avignon

Film de Johann Dionnet (2025)

Le film nous plonge dans l’univers foisonnant du théâtre, au cœur du célèbre festival éponyme, en suivant les trajectoires souvent chaotiques de celles et ceux qui s’y accrochent avec passion. C’est une plongée vive et désordonnée dans un microcosme où le rideau se lève autant sur les spectacles que sur les coulisses, révélant tout ce que cet univers comporte de précarité, de doutes, mais aussi d’élans collectifs et de joie à jouer ensemble.

"Avignon" fait le pari ambitieux de montrer la réalité souvent rude du métier : le financement difficile des créations, la quête d’un rôle significatif, les jours d’euphorie qui succèdent à ceux de désillusion, la frontière poreuse entre la scène et la vie privée. Tout cela est là, palpable, parfois touchant. Le film épouse avec tendresse les maladresses de ses personnages et de leurs situations, dans un regard qui se veut humain, bienveillant, presque complice.

Cependant, cette générosité de regard ne parvient pas toujours à masquer les limites du film. Le récit, parfois trop brouillon, se disperse et manque de densité. La tentative de faire dialoguer deux mondes du théâtre – celui du privé et du public, celui du divertissement populaire et celui des classiques exigeants – reste trop en surface. Le film s’amuse certes du snobisme latent de cet univers à deux vitesses, mais l’exercice d’en faire une critique ou un pont entre ces deux sphères demeure inabouti.

Le recours à certains codes de la comédie romantique alourdit parfois le propos. Là où l’on aurait pu attendre une subtilité dans la peinture des liens humains, "Avignon" s’appuie sur des canevas attendus et une fin amenée de manière peu convaincante, qui affaiblit l’ensemble. Autrement dit, on s'attend à un "coup de théâtre" qui n'arrive pas, et on commence a s'ennuyer.

Mais malgré ses défauts, le film est celui d’une œuvre sincère, peut-être maladroite, mais traversée par un amour sincère pour le théâtre et ceux qui le font vivre. "Avignon" échoue à trouver un véritable souffle narratif, mais réussit à capter quelques éclats d’humanité, comme autant de fragments volés dans une bulle hors du temps.

Radiohead
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le 20 juin 2025

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