Les aventures du petit cochon Babe ont bercées une partie de mon enfance, si bien que quand j'ai vu que Netflix proposait le film dans son catalogue, un énorme sentiment de nostalgie m'a envahit. L'idée de revoir le film tout en craignant de le trouver mauvais s'est vite imposée.
Babe est un conte animalier dont le gros soucis est de ne s'adresser principalement qu'à un type de public : les enfants. L'ambition d'être une histoire familiale n'est pas de mise ici, Babe malgré ses bonnes intentions ne se borne qu'à divertir à base de blagues enfantines, de morales simplistes et de thématiques passe-partout. Le petit cochon destiné à finir en saucisse se révèle finalement avoir la gentillesse appropriée pour mener un troupeau de moutons, là où les chiens de bergers usent de la force, le porcelet tente la communication.
En soit l'idée d'inculquer aux plus petits que la violence ne résout rien est bonne, c'est la manière de le faire qui pêche un peu. Babe ne prend jamais le risque de pousser les limites et de casser les codes de ce que les enfants ont l'habitude de voir dans les films qui leur sont destinés (du moins en 1995). Nous somme pourtant dans une histoire écrite en partie par George Miller, celui qui est perçu comme un visionnaire, c'est donc d'autant plus regrettable de voir à quel point le film demeure si lisse et sage.
Au-delà de cela il faut tout de même noter que l'ensemble malgré tout fonctionne, les animaux sont mignons, certains sont même drôle à l'image du canard Ferdinand par exemple. La technique date un peu mais hormis une ou deux séquences l'illusion fonctionne. Le mélange entre animaux dressés, animatroniques et images de synthèse est assez convaincant.
Chris Noonan signe donc avec Babe une histoire tendre mais parfois trop simplette. Les petits y trouverons sûrement leur compte, mais on regrettera tout de même le manque de prise de risque de la part des auteurs.