Babylon est à la communauté Jamaïcaine de Londres, ce que ''Rude Boy'' était aux punks, ce que ''This is England'' est aux skinheads ou ce que ''Quadrophénia'' aux mods. On pourrait même pousser la comparaison avec ''8 Miles'' et la scène rap de Detroit, mais bon... Bref, le point commun de tous ces films, c'est de décrire avec un réalisme quasi-documentaire, le quotidien d'une communauté minoritaire, notamment à travers la musique, ainsi que leur place dans une société inégalitaire et raciste, en l’occurrence l’Angleterre de Tatcher.
Babylon ne propose pas de grand destin tragique dans son scénario. Juste les petites vies d'un petit groupe de Jamaïcain en l'espace de quelques jours. Les galères, la famille, la musique, la religion... La caméra est toujours au plus près des acteurs, mais le ton semble distant. Un peu comme un reportage de Strip-Tease. Du coup il est difficile pour le spectateur de vraiment s'investir émotionnellement dans l'histoire. C'est le principal défaut de ce film.
Mais le propos reste intéressant. Intéressant, car la communauté jamaïcaine et rasta est trop méconnu et souffre souvent des habituels cliché véhiculé par la popularité de Bob Marley ou le succès populaire du film Rasta Rocket. Et puis bon, juste pour la BO dub et les accents jamaïcain, le film mérite d’être vu.