Oh, ils sont malins les gens de Metropolitan ! Car sur la jaquette du DVD, le verso plus précisément, seul le nom de Russell Mulcahy apparaît. C’est quand même le réalisateur australien de « Highlander » et surtout du très bon « Razorback », alors forcément son nom attire. Mais attention, il n’est ici que scénariste et producteur. Bon, officiellement, il ne s’est pas chargé lui-même de la réalisation pour des raisons d’emploi du temps surchargé…Mouais, on a souvent entendu ça, il y aurait peut-être aussi des divergences artistiques dans l’air. C’est Kimble Rendall (décédé en 2025) qui l’a réalisé. Alors, bon, ça commence comme 10 000 autres films de requins par le traumatisme initial sur une plage australienne : deux surveillants de plage sont méga potes et un est même fiancé avec la sœur de l’autre. Tout ce beau monde est bronzé à fond, les dents façon ultrabrite, et les tablettes de chocolat bien visibles. Mais un grand requin blanc va tout faire basculer quand le frangin est boulotté, laissant son pote totalement traumatisé…Là, on se dit que ça ne va pas voler très haut ni être très original. La suite se déroule 12 mois plus tard dans un supermarché. Ah, là, c’est déjà moins courant ! Tout le monde fait ses courses du samedi, inconscient de la tragédie à venir car voilà qu’un terrible tsunami digne de l'Apocalypse, ravage la côte australienne et le supermarché est submergé. Mais qui y avait-il dedans, je vous le donne en mille ?!!! L’ancien surveillant, Josh, reconverti en employé du supermarché tellement il ne peut plus voir la mer et les bestioles qui y vivent. Et parmi les clients à ce moment-là, son ex Tina avec son nouveau petit copain !!! Woah, on dirait les Feux de l’amour chez Walmart !!!
Mais ça n’est pas tout car des grands requins blancs débarquent dans les rayons où les rares survivants se sont perchés sur les étagères. Et il y en a même un qui patrouille dans le parking. Lesquels vont s’en sortir ??? L’idée était bonne et sortait de l’ordinaire des films de la sharksploitation. Malheureusement, les personnages sont lisses, tous stéréotypés. Mes préférés ? Le jeune couple coincé dans sa voiture, dans le parking, qui était en train de s’envoyer en l’air (quel romantisme, bon sang !!! 😂). Deux parfaits crétins qui sont accompagnés de Bully, un petit chien peut-être en clin d’œil à Tippett, le petit chien des « Dents de la Mer » de Spielberg ? Aaaah, ne comptez pas sur moi pour vous dire le sort de Bully !!! Le jeune gars coincé dans la voiture entourée d’eau, demande à sa copine d’ôter ses chaussures à talons hauts pour casser les vitres, les portières ne s’ouvrant plus. Réponse de la jeune femme : « Pas question ! Ce sont des Gucci à 300 dollars ! ». Voilà, voilà, difficile à partir de là de s’attacher à ces personnages dont les interprètes ne cassent pas non plus trois pattes à un canard. Ensuite les effets spéciaux numériques ne sont guère brillants et au début comme à la fin semblent vraiment faux. Par contre, ceux avec des animatroniques (dans le supermarché) sont bien meilleurs. C’est dommage que Russell Mulcahy ne se soit pas chargé du job car le film aurait sans doute une autre dimension. Maintenant, il est loin d’être honteux et cherche au moins à apporter un chouia d’originalité dans un genre très codifié, aujourd’hui jusqu’au ridicule le plus souvent. Attention, vous verrez quand même des trucs assez hallucinants ici et qui n’ont pas fini de vous interpeller : un supermarché inondé mais dont le parking souterrain ne l’est pas entièrement (?!!!!), une combinaison anti-requins fabriquée avec des caddies en quelques minutes et des requins tellement affamés ou diaboliques, capables de faire des bonds de plusieurs mètres pour vous grignoter…🙄😜