Len Wiseman, l’homme qui a confondu “danse classique” et “massacre à la sulfateuse”
Len Wiseman, ce brave gars, c’est un peu comme un DJ de province qui s’est retrouvé par erreur aux platines du Hellfest : il balance du décibel, du stroboscope et il espère que ça passe. Et là, il nous pond Ballerina, spin-off musclé de l’univers de John Wick où la danse classique sert juste à masquer les traumas avec des pirouettes en glock.
Le gars a pris Black Swan, lui a injecté de la testostérone, et lui a greffé des cartouchières. Résultat : une ballerine qui déglingue des mafieux russes comme si elle répétait Casse-Noisette avec Rambo et John Matrix dans la fosse d’orchestre.
Alors oui, ça explose, ça saigne, ça se bat… mais parfois, t’as l’impression que le scénariste a écrit sous protoxyde d’azote. Tu veux du sens ? Passe ton chemin. Ici, on vend du style, pas de la cohérence.
Ana de Armas, ou la Marilyn Monroe qui t’arrache la carotide avec élégance
Ana de Armas, c’est pas une actrice. C’est une arme de destruction massive avec un brushing de pub L’Oréal. Dans ce film, elle joue Eve, tueuse de ballet sortie tout droit d’un rêve humide de scénariste bourré à la vodka.
Et la meuf assure. Elle te balance des arabesques en tirant à une main, elle tabasse des molosses russes en talons, et elle chiale en silence avec un gun à la main. On dirait une fusion entre Lara Croft, Chun-Li et Jeanne d’Arc sous amphets.
Sauf que, parfois, on sent que le script a oublié de lui écrire des dialogues. Elle passe du trauma à la baston sans transition, comme si The Last of Us Part II avait été réécrit par Cyril Hanouna. Mais bon, elle a du charisme, elle cogne sec, et elle fait passer les autres persos pour des mannequins Zara abandonnés dans un entrepôt.
Le scénario, ou comment rater un enchaînement avec la grâce d’un éléphant épileptique
Faut être honnête : le scénariste a dû planquer son cerveau sous une table basse en verre. Y’a des idées, des moments stylés, et puis… ça part en sucette. Tu crois que t’es dans une vendetta poétique, et paf ! tu tombes sur un dialogue qui ferait passer Fast & Furious 9 pour du Tarkovski.
Ça enchaîne des scènes stylisées comme dans Bayonetta, mais sans logique, sans construction. C’est John Wick version puzzle Ikea monté avec un marteau-piqueur. Y’a des instants de grâce, et puis y’a des ruptures de ton dignes d’une rédaction de 5e sur la guerre en Ukraine.
On comprend que la meuf veut se venger, qu’elle a des flashbacks, des cicatrices et des chakras déréglés, mais bordel, qu’on nous aligne les séquences avec un minimum de respect pour notre matière grise !
L’univers John Wick est là… quelque part… derrière la buée et les CGI flous
On retrouve les codes : la Ruska Roma, les flingues propres, les hôtels chelous, les règles absurdes. Mais c’est pas John Wick 3, c’est John Wick 0.7 Beta démo technique.
Ian McShane fait son apparition éclair, comme s’il passait prendre son chèque entre deux verres de whisky. Anjelica Huston, elle, joue la mama mafieuse avec un regard de DRH sous Xanax. Keanu ? Il passe, il tire, il s’en va. Plus décoratif qu’utile.
Ça fait plaisir de revoir cet univers, mais c’est du fan service en pilotage automatique. T’as l’impression de revoir un vieux copain… qui a plus rien à te dire et qui regarde son téléphone en bouffant des chips.
Chorégraphies stylées, hémoglobine gratuite et testostérone à flux tendu
Bon, on va pas mentir : les bastons sont stylées. C’est violent, précis, sec, ça cogne. T’as du ballet armé, de la chorégraphie millimétrée, et des plans larges où tu vois vraiment les coups passer. On est à mi-chemin entre Kill Bill et The Raid, avec une touche de Devil May Cry pour les poses.
Mais à force de chercher le cool à tout prix, le film perd en intensité. Chaque scène veut être une peinture de guerre. Résultat : t’es plus en train de mater un film d’action, mais un clip de metal symphonique version Bolchoï.
Trop, c’est trop. Et le peu d’émotion qu’on aurait pu ressentir s’écrase sous une avalanche de ralentis, de filtres bleus, et de dialogues sentencieux sur la souffrance intérieure de l’âme meurtrie. Oui, bon, ok, mais vas-y mollo sur le pathos, bordel.
Conclusion : Ballerina, c’est John Wick en tutu, sans le cerveau mais avec les biscotos
Ballerina, c’est pas un désastre, c’est un beau bordel stylisé. Une sorte d’opéra post-soviétique sous stéroïdes, où une tueuse danseuse règle ses comptes avec tout ce qui bouge. Ana de Armas brille, le reste vacille, et le scénario trébuche sur ses chaussons de pointes.
C’est visuellement brutal, musicalement envoûtant, mais scénaristiquement teubé. Tu passes un bon moment si tu poses ton cerveau à l’entrée, à côté de ta veste et de tes valeurs morales.
Est-ce qu’on en avait besoin ? Non. Est-ce que ça défoule ? Oui. Est-ce qu’on en ressort grandi ? Clairement pas. Mais parfois, c’est agréable de voir une nana avec une gueule d’ange péter la mâchoire d’un mafieux russe en musique.
Alors merci pour le carnage, Ana. Mais la prochaine fois, faites-nous un vrai film… pas une chorégraphie de fin d’année avec des kalashs.
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