Avec un film de Peter Farrelly, il faut souvent s'attendre à du "kolossalement" lourd, mais le bonhomme est pour le moins inégal.
Là, il s'est bien lâché donc, amis de l'art, de la poésie et de la finesse, passez votre chemin en détournant les yeux et en bouchant vos oreilles.
Le ton est donné dès les premières minutes avec un langage particulièrement fleuri qui fait plaisir à entendre en ces périodes d'auto-censure et de politiquement correct.
Et ça continue dans la même veine tant orale que visuelle pendant toute la durée du film. On y suit deux employés (un commercial hâbleur et l'inventeur psycho-rigide d'un concept révolutionnaire), d'une société qui commercialise des capotes, dans un périple sud-américain complètement déjanté. Ainsi, après avoir provoqué un incident diplomatique majeur, ils deviennent les ennemis publics n°1 dans le pays du 'foutchebol" où tous les habitants veulent leur peau.
Les dialogues et les situations continuent dans un registre complètement ordurier, scabreux et graveleux. Tout ça réjouira les amateurs de comédie vulgos et basse du front mais les critiques de Télérama ou tous les bien pensants du monde vont vomir à gros jets.
Si comme moi vous avez choisi votre camp, je vous garantis une bonne tranche de rigolade comme on n'en fait plus : le langage de la manager, la critique du foot avec les réactions de la population, l'accent ridiculissime du chef de cartel ou le test des condoms pour ne citer qu'eux sont d'excellents moments destinés à devenir culte. Car oui, tout a été osé sans la moindre retenue dans un catalogue de moquerie gratuite, de vulgarité et avec le courage d'exploser les frontières de la bienséance.
Le duo de héros fait bien le taf, mais je donne une mention particulière à Sacha Baron Cohen qui nous offre une prestation particulièrement jubilatoire en chef de cartel cintré.
Inutile de dire que le temps et les péripéties d'un débile assumé défilent à la vitesse grand V. C'est pour moi le signe distinctif d'un très bon moment de détente, même si j'admets que pas mal de monde ne partagera pas mon avis vu l'énormité de la proposition.