Basic Instinct par Ni Mon
Après un film d'action/SF comme Total Recall, on n'attendait pas forcément Verhoven dans un film à l'aspect sexuel aussi manifeste. Pourtant, il était évident qu'après avoir révélé un talent aussi incroyable que celui de Sharon Stone, il ne pouvait s'arrêter là. Et quel type de rôle va la mieux à la petite Sharon? Celui d'une maîtresse-femme vicieuse et terriblement sensuelle. Adaptant un roman à succès, il fait appel une nouvelle fois à une star: Michael Douglas. Ainsi, le couple Katherine Trammel/Nick Curran était né. Comme on pouvait s'y attendre, Basic Instinct fait un carton au box-office, remplissant les salles non seulement de mâles en rut devant la toison bien exposée de la Sharonette dans LA scène-culte du film, mais aussi bel et bien pour le talent indéniable dont a fait preuve une fois de plus le sieur Verhoeven, qui nous emmène sans difficulè dans cette histoire aux résonnances presque hitchcockiennes.
LA scène culte du film en question, c'est bien évidemment la séquence de l'interrogatoire, mise en lumière avec brio par un Jan De Bont pas encore enclin aux blockbusters sans âme. Avec ces fameux effets d'ombre rappelant que tous sont prisonniers du charme vénéneux de la veuve noire, rien d'étonnant à ce que cette scène soit une des scènes les plus copiées ces dernières années. Bien sûr, la pilosité pubienne de la jeune fille lors de son changement de jambe contribua à la notorété de la scène, mais elle n'en demeure pas moins un sommet dans l'art des scènes d'interrogatoire, changements d'échelles et de postures psychologiquement très révélatrices étant à la clé.
Mais le reste du film ne fait pas pâle figure et ne se résume pas à des litres de sperme et de diverses sécrétions: nous sommes dans un thriller particulièrement chaud, mais dans un thriller quand même. Le tout est parfaitement ficelé et le doute est permanent. Que l'on pense Katherine coupable ou non, on est forcé de se poser tout de même la question, même après la fin du film. Du beau boulot!