Verhoeven nous la joue Hitchcock.
Et il se permet ce que tonton Alfred a toujours souhaité exécuter, à savoir pousser le curseur du politiquement incorrect à fond. Il a sa blonde hitchcockienne parfaite avec Sharon Stone, qui a, depuis, souvent repompé ce rôle. Elle est le parfait symbole de la dualité féminine, et en faire un vrai symbole de mort, vampirisant tout ceux qui l'approchent de prêt ou de loin. Et cette scène, instantanément culte, où elle croise et décroise ses jambes, laissant apparaître sa toison (scène qui étouffe tout le reste de par son incroyable audace dans un film de ce calibre), est l'apothéose de tout cela. Même si l'érotisme est plus troublant lorsque Michael Douglas observe Sharon Stone se déshabiller.
Le réalisateur assume totalement ses outrances. Quitte à pousser au malaise, comme lors de la scène entre Michael Douglas et Jeanne Tripplehorne, qui semble être un viol, même si on se demande si ce n'est pas la nature de leur relation.