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176 critiques
Gros coup de cœur
beaucoup à garder et peu à laisser dans un film qui renouvelle carrément le genre (pourtant Dieu sait que j’en ai vraiment marre des films de requins australiens). La pose de contexte avec l’intro...
le 9 nov. 2025
Alors que le cinéma australien semble se chercher et accumule films embarrassants et ratages grossiers dans une industrie en crise, une poignée de jeunes réalisateurs se débattent pour exister, parcourant notamment les sillons du cinéma d’horreur à petit budget... On peut évoquer les deux réussites des désormais célèbres frères Philippou (Parle à ma main et Bring her back), les tentatives ambitieuses de Luke Sparke (le super fun mais interminable Primitive War, le foireux Scurry), l’intéressant premier film des débutants Indianna Belle et Josiah Allen (le très bon You’ll never find me) ou les zéderies de Ryan Coonan (Rippy le kangourou roux de la mort) ou de Sam Curtain (Beaten to death). Cette fois-ci, c’est au tour de Kiah Roache Turner de relancer la machine avec ce Beast of War, aka « la Grosse bête de la Guerre ». Roache Turner, on le connaît déjà, c’est lui qui avait tourné Wyrmwood 1 et 2 et du plus récent Sting, le film avec l’araignée géante, pas détestable mais loin d'être abouti. Avec un peu plus d’expérience, et une bande annonce intrigante, on portait donc quelques espoirs dans ce film plagiant vaguement l’histoire de l’USS Indianapolis avec une bande de good bloke et d'un gros poisson maléfique ! Beast of War est une sorte de ozzy masala qui réunit trois des genres les plus populaires du cinéma australien de notre époque : le film de requin, le récit horrifique et le cinéma de guerre ANZAC pouet pouet .
Nous sommes donc en 1942, et le film s’ouvre sur un camp militaire où s’entrainent de jeunes recrues. Comme pour Primitive War, qui débutait un peu de la sorte, la reconstitution impressionne et bénéficie d’un cast correct, emporté par le jeune Mark Coles Smith - très cool dans Last Cab To Darwin et génial successeur d’Aaron Pedersen dans Mystery Road Origins). Ces premières scènes font donc illusion et vendent l’espoir d’une production, certes fauchée, mais boostée par une direction artistique compétente. L’illusion ne fera pas long feu et une fois à bord du navire de guerre, les choses se gâtent. Puis, une torpille dans le cornet, le gros bateau sombre et ne laisse en surface qu’une série de débris aux quels se raccrochent un petit groupe de survivants. Ils seront rapidement confrontés à un requin, entité menaçante et vague silhouette dont on ne verra que la tête – représentée par une monstrueuse goule en caoutchouc. La dimension quasi diabolique du poisson est en soit pas une mauvaise idée et la tronche absolument répugnante qu’il se trimballe et plutôt sympa et j’achète presque l’idée particulièrement loufoque qu’ont eu les scénaristes du film, affublant la bestiole d’une sirène à manivelle qui s’est emberlificotée autour de sa nageoire dorsale – produisant un mugissement infernal dès que l’animal rôde en surface, l’aileron hors de l’eau. C’est terrifiant. Pour les personnages, parce que le spectateur – dubitatif – aura du mal à se décider si l’idée était pertinente et efficace, ou si vraiment c’était complètement con. Le fait est que ça occupe un peu l’esprit car le spectacle des survivants boulottés l’un après l’autre n’est pas vraiment trépidant. La faute à un scénario médiocre maintenu tête sous l’eau par une mise en scène sans inspiration et un montage aux fraises qui n’arrange rien. Le plus gros problème, pratiquement insolvable , c’est que tout a été tourné à la pistoche municipale. Pour camoufler ce qu’il peut, le réalisateur a noyé son cadre dans une purée de pois inextricable. Astuce évidente qui pourrait fonctionner un temps, mais rapidement, personne n’est dupe. Le casting a beau faire ce qu’il peut, le drame qui se déroule n’est pas à la hauteur et manque de substance pour transcender les limites de ce décors très étriqué. Dommage, mais y’a pas mort d’homme et personne ne mérite d’aller en prison pour ça.
Créée
le 10 janv. 2026
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