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Luis Buñuel réalise en 1967 un film en avance sur son temps puisque son sujet principal est le désir féminin. Et pas n'importe lequel puisque la principale intéressée, Séverine, fait des rêves masochistes dans lesquels elle prend du plaisir à être humiliée.
D'ailleurs, le film commence fort puisqu'il s'ouvre sur l'un de ses fantasmes et annonce alors tout de suite la couleur. Bien-sûr, nous sommes dans les années 60 et le film reste quand même assez accessible, ce n'est donc pas vraiment de l'érotisme, comme pouvait l'être "Madame Claude" par exemple. Ici, c'est au contraire paradoxalement très doux, c'est-à-dire que si les fantasmes de Séverine sont assez violents, la mise-en-scène se veut quant à elle assez douce.
Bref, pour combler cette soif qu'elle ne comprend qu'à peine, elle décide de se rendre dans une maison de passe pour y travailler. Oui, la solution est radicale mais elle pourra enfin trouver le plaisir qu'elle y cherche, s'épanouir, se comprendre et tombera surtout sur Marcel, un jeune homme dont la vie n'est faite que de violence. Ainsi, le film oppose Marcel et Pierre, le mari de Séverine, quant à lui beaucoup plus tranquille.
Avec son mari, Séverine évolue effectivement dans un univers bourgeois qui ne la satisfait donc pas sexuellement parlant. Pour autant, ce n'est pas un univers qu'elle rejette, elle aime profondément son mari mais d'une autre manière. Et si le thème est donc déjà avant-gardiste, le film a également l'intelligence de ne jamais punir son héroïne. D'ailleurs, les prostituées ne sont jamais non plus jugées par le film, elles sont même au contraire très soudées entre elles et offrent ainsi ce cadre rassurant dont Séverine, qui devient alors Belle de jour, a besoin pour s'épanouir.
"Belle de jour" est donc loin d'être le film manichéen et moralisateur que l'on pourrait attendre pour son époque (même si le réalisateur est connu pour sortir des sentiers battus) mais nous offre au contraire un portrait assez complexe.
Créée
le 13 août 2026
Critique lue 6 fois
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