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Shownuns!
Alors un de mes réalisateurs préférés dirigeant dans un rôle principal une des actrices préférées, autant le dire, Benedetta était une de mes plus grosses attentes de l'année ̶2̶0̶2̶0̶ 2021...
le 12 juil. 2021
Un voyant certaines scènes, j'avais vraiment la sensation de voir la fausse bande annonce de Tonnerre sous les tropiques de Ben Stiller, L'allée de Satan. Une histoire homosexuelle dans un monastère, sauf que c'était pour la comédie... L'allée de Satan a obtenu le Singe hurleur au festival de Pékin tandis que Benedetta était en compétition dans la sélection officielle au Festival de Cannes...
Le film commence avec la mention "Cette histoire est inspirée de faits réels". En allant, se renseigner sur Benedetta Carlini, religieuse du XVIIe siècle en Toscane, on se rend compte qu'on est plutôt dans le "très très largement inspiré". Déjà le scénario tiré d'un ouvrage, choisit de faire de l'homosexualité l'axe central, alors que les enquêtes dont Benedetta fut l'objet semblaient surtout porter sur ses stigmates. Ce choix permet au cinéaste d'entretenir un côté sulfureux confortable et bon marché, sans prendre trop de risque. On est vraiment dans le combat d'arrière-garde.
Pour la forme, il faut reconnaître qu'il y a du savoir faire, même si les décors des différentes abbayes ne doivent rien aux équipes techniques. On ne s'ennuie pas trop en général.
Par contre, les dialogues sont complètement à coté de la plaque. Ils sont tantôt vulgaires et/ou anachroniques ("J'ai besoin de chi...", "Mon père avait la queue circoncise" "Attrape !"), tantôt pompeux et déclamatoires lorsque le film prétend être sérieux.
Comme si cela ne suffisait pas, il fallait ajouter un gode taillée dans une statuette de la Vierge, ce qui ne repose sur aucun élément historique.
Pour ce qui est de l'interprétation, c'est surjoué. Virginie Efira n'est pas mauvaise pour autant, mais avec un tel rôle, il est difficile de ne pas parfois tomber dans la caricature. Lambert Wilson n'a jamais été génial mais là, dans le rôle du nonce, c'est totalement caricatural. Pour Charlotte Rampling, cela dépend des scènes. On a l'impression que tout ce beau monde, avait tellement envie de dépeindre un univers d'arriérés qu'ils ont oublié de représenter des gens qui avaient quand même la foi, même si ils pouvaient être critiquables à certains égards. Louise Chevillotte dans son interprétation de sœur Cristina est la seule qui est crédible et qui fait ressortir un peu de spiritualité.
Les religieux ne sont pas les seuls arriérés de ce tableau, puisque les gens du peuple ne valent pas beaucoup mieux ici, comme avec le père de Bartolomea qui veut garder sa fille pour remplacer sa femme, et pas seulement pour les taches domestiques... Il y a aussi la scène avec la femme enceinte se tenant à coté du nonce en sortant son sein d'où sort du lait... C'est encore une synthèse. On pourrait encore énumérer.
Pour conclure ce film en finesse et en subtilité (dans la continuité du reste), il fallait finir avec un bûcher, qui lui non plus n'a jamais existé dans cette histoire. Verhoeven a apparemment voulu s'inspirer de Jeanne d'Arc...
Il y a tout de même quelques passages intéressant, comme le sentiment qu'une usurpatrice a réussi à infiltrer un couvent mais le cinéaste ne tranche finalement jamais dans le chemin qu'il veut emprunter. Malheureusement, il préfère choquer sauf que tout le monde s'en fout et que cela ne choque plus personne. Et cela, en partie financé par France TV et... Canal+ qu'on aime critiquer dans le milieu, mais pas outre-mesure si on veut des financements.
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le 6 juin 2026
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