Les flash-back nous relatent les moments heureux, la rencontre entre Hans et Hilde, son Franz parti à Copenhague qu’elle n’attend pas en vain pour aimer, tout comme la bande de joyeux lurons que forment les ami(e) de Hans, engagés et en totale opposition à l’idéologie de leur Pays. Sa mère a beau la mettre en garde, Hilde est trop amoureuse et comble de joie, attend un heureux événement, fruit de ses amours avec Hans. Par amour, elle le suit dans ses idées. Pour la petite bande, « le paradis nazi n’est que faim, mensonges et gestapo ». Au risque de se faire prendre , ils collent un peu partout sur les murs de Berlin, la nuit, des affiches avec leur slogan de leur idéologie. La fameuse nuit de Cristal sera simplement évoquée. Hans sera vite arrêté sans que le film ne nous en dise plus long à son sujet. Hilde, enceinte d’environ 7/8 mois est interrogée par des policiers peu enclins à la ménager compte tenu de son état, la forçant à regarder des photos de ses ami(e)s qu’on devine avoir été dénoncés sous la torture. Elle est arrêtée et emprisonnée. Les surveillantes ne sont pas des « tendres » et aucune empathie ne se dégagent d’elles, malgré l’état d’Hilde. Les scènes de prison font froid dans le dos. Hilde accouche en prison dans des conditions épouvantables. Histoire de « l’encourager », le médecin ne fait que lui dire que son enfant, sans doute non viable, doit être expulsé. La sage-femme ou infirmière fera, elle, preuve de plus d’humanité. Contre toute attente le petit Hans va s’accrocher à la vie et combler les attentes de Hilde, plus mère que jamais. Elle bénéficiera d’un allongement de temps à l’infirmerie, le médecin s’oppose pour une fois à la garde-chiourme, femme peu engageante, là depuis le début sur les talons d’Hilde. Plus tard, cette dernière viendra sans plus de précaution réveiller Hilde et son petit, pour la prévenir de se lever pour se rendre à une audience. Hilde a le reflex immédiat maternel de tirer son lait pour son fils. Toutes les scènes en prison sont d’un cruel réalisme, absent de toute émotion de la part du personnel, habitué à n’obéir qu’à des ordres. Une inhumanité qui prend à la gorge. Seule, Hilde embauchée quelques temps comme aide à l’infirmerie, aura les gestes humains appropriés et faisant tant défaut dans cette prison de femmes. Les quelques bains autorisés se font en présence de Kühn, la garde-chiourme. La scène de promenade en plein hiver, dans la cour enneigée, les bébés dans des pannier transportés par les mères, interpelle. Cette Mme Kühn s’améliorera un tantinet vers la fin du film. Hilde pourra revoir Hans une seule fois, le temps de lui présenter leur fils, sans pouvoir ni se parler, ni même se serrer dans les bras. Mme Kühn plus humaine au fil du film, va rédiger une lettre de demande de grâce pour Hilde, après avoir assisté à l’entretien déchirant entre Hilde, qui se sait condamnée à mort, et sa mère. Si l’actrice Liv Lisa Fries est bouleversante, la froideur glaçante de la prison est en total contraste avec tous les flash-back chaleureux sur la vie d’avant. Hilde ,pour tenir jusqu’à la fin, se remémore une certaine insouciance et et les jours heureux. Elle est morte le 5 août 1943, assassinée par des bourreaux. Le film a beau se terminer sur l’un de ces moments, l’on en ressort imprégné de toute cette froideur et du moment sidérant de la mise à mort. Mitigée par ce biopic qui vous poursuit bien après le visionnage. J’ai envie d’ajouter que le réalisateur Andreas Dresen est issu de films documentaires et cela se ressent dans ce biopic, avec des scènes réalistes insoutenables. En salle et VO.