Six ans avant l'inoubliable Forrest Gump, Tom Hanks prouvait déjà son talent pour incarner les personnages à l'originalité follement attachante. Ici, pas question d'un homme au QI inférieur à la moyenne marquant l'histoire des Etats-Unis, mais bien d'un enfant de 13 ans propulsé dans le monde trop sérieux des adultes, par l'intermédiaire de son corps vieilli d'un bonne quinzaine d'années.


Le jeune Josh, las d'être toujours mis de côté à cause de sa taille et de son âge, voit son souhait de devenir grand réalisé par une étrange machine de fête foraine.

Au fur et à mesure de sa découverte anticipée du monde du travail, de la consommation et des relations amoureuses, le jeune Joshua Baskin va comprendre en fin de compte que rien ne vaut l'insouciance et les années légères de la vie d'un enfant. Et quoi de mieux que le regard ingénu et enthousiaste de Tom Hanks pour dépeindre les désillusions et les incompréhensions d'un enfant dans un corps d'adulte ?


La force de Big est de ne pas tomber dans la caricature trop attendue du "poisson hors de l'eau" (ici, un enfant dans un monde d'adultes). Une fois les évidentes facilités scénaristiques outrepassées pour lancer l'intrigue, le sous-texte du film, d'apparence légère et à audience familiale, nous montre que l'aventure de Joshua est un peu plus complexe qu'une simple expérience surnaturelle rêvée par un enfant frustré.


Se faisant remarquer par le dirigeant d'une entreprise de jouets pour son honnêteté tranchante et sa créativité débordante, atouts inespérés dans une boîte où le profit et l'ambition sont les seuls mots d'ordre, il est propulsé dans les hautes sphères de l'administration. Emporté par ses nouvelles responsabilités, un pouvoir d'achat conséquent et une première expérience amoureuse concluante, Josh finira naturellement par "rentrer dans le moule" et à en oublier qui il est réellement : un enfant de 13 ans.

Le personnage de Billy, son meilleur ami, sera le "garde-fou" et l'origine du déclic de Josh, souhaitant retourner à sa vie d'enfant et retrouver l'amour de ses parents.


Billy se trouve en opposition avec le personnage de Susan, le nouveau "love interest" de Josh, mais jamais en conflit. Ils sont l'incarnation de l'ancien et du nouveau monde de Josh : d'un côté l’insouciance, le refus de grandir et le besoin de liberté. De l'autre, la stabilité, le contrôle et les projets d'avenir. L'on pourrait croire que ces deux idées de la vie tomberaient dans la caricature mais c'est là la grande force du film : tout y est dépeint avec énormément de tendresse et sans plus d'artifices que nécessaire où même les différents archétypes comme le commercial aux dents longues ou la mère éplorée ne sont pas survendus.


Certes, Big est un film familial, à l'intrigue simple et à la réalisation scolaire mais il offre deux niveaux de lecture. Par le regard d'un enfant de 13 ans - et d'une évidente prouesse de Tom Hanks - le récit devient homogène, l'évidence du manichéisme s'efface et les spectateurs les plus mûrs seront surpris de se remettre en question à plus d'un égard.

Bebz63
8
Écrit par

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le 27 févr. 2025

Modifiée

le 28 févr. 2025

Critique lue 17 fois

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