Dans le creux déjà trop long (6 ans tout de même depuis le climax d'Avengers : Endgame) d'une série de films sans grande saveur ni réelle prise de risque artistique ou scénaristique (hormis quelques rares sursauts à l'instar de Doctor Strange 2, Les Éternels ou le 3ème opus des Gardiens de la Galaxie), les Thunderbolts* viennent prendre les attentes des fans (et des moins fans) du MCU à revers.
Des mercenaires "hors-champ" vont se retrouver à faire équipe malgré eux contre une menace dépassant de très loin leurs capacités et même celles des anciens protecteurs de la Terre réunis.
La question est alors de savoir comment une telle équipe d'anti-héros cabossés va-t-elle réussir à venir à bout d'un tel danger.
-- SPOILER "ANTAGONISTE" --
C'était sans compter sur l'introduction forte de sens de Robert "Bob" Reynolds, jeune homme traumatisé, ex-junkie et volontaire pour changer de vie à l'aide d'un programme scientifique secret. Le projet "Sentry", sensé officiellement remplacer les Avengers pour protéger la Terre - mais officieusement protéger les intérêts et agissements douteux de l'initiatrice du projet - va transformer Bob en dieu vivant, le plus puissant des super-humains de la planète (une puissance comparée à « l’explosion d’un million de soleils »).
La particularité de ce nouveau super-humain, non anticipée à l'origine du projet, est que Bob est schizophrène. Une part d'ombre et de lumière se battent en lui et deviennent, à l'instar du sérum du super-soldat, la définition de ses nouveaux pouvoirs : un dieu invincible, The Sentry ou la manifestation du néant, The Void, capable d'oblitérer toute vie, en opposition à son alter ego.
Ce nouvel opus va se démarquer, non pas par une prise de risque artistique cette fois-ci (malgré de belles scènes d'introspection, les chorégraphies et la réalisation ne réinventent pas grand chose) mais en abordant courageusement le thème des troubles de la personnalité et de la dépression. Peu enclin à se surcharger de scènes d'action ou de punchlines houleuses, le film s'attarde sur la psyché de ses personnages : la légitimité, l'estime de soi, les traumatismes, le deuil et plus particulièrement donc, les troubles mentaux et dépressifs.
Restant fidèle au cahier des charges du MCU malgré tout, c'est une belle surprise par rapport à ce que l'on peut attendre de l'écurie Marvel en ce moment et cela mérite d'être souligné car c'est assez rare...