Big Boss n'a rien d'un chef-d'oeuvre du film d'arts martiaux, mais il a le mérite d'être le premier film à donner la vedette à Bruce Lee.
Dont généralement je n'aime pas tellement les films. Sauf quelques passages.
Mais cela ne change rien au fait que c'est un monstre sacré.
Ici on a un canevas qu'on a déjà vu : Bruce Lee joue un mec au sourire bon enfant, qui vient de la campagne, et autour de lui, comme on ne se méfie pas d'un plouc pareil, c'est l'orgie de vilains et de bastons. Sauf que, bien sûr, le type se révèle un monstre en arts martiaux.
Lo Wei signe un film un peu routinier.
Que la présence de Bruce Lee va dynamiter.
Bruce Lee ne combat pas, il extermine. La vitesse de ses mouvements, quand elle est secondée par une caméra efficace, est impressionnante.
On pardonnera dès lors quelques passages peu convaincants (le passage des chiens, notamment).
L'intrigue est assez naïve : des immigrés bossent dans une fabrique de glace, dont le patron s'enrichit en cachant de la drogue dans les pains. Ceux qui découvrent le pot-aux-roses disparaissent.
Tandis que les autres attendent leur retour.
Jusqu'à quelques jours après.
Ils ont bien raison, on ne sait jamais? Déjà trois ont disparu, avec les mêmes réactions de la direction, mais quand deux de plus disparaissent à leur tour, c'est sans doute une coincidence, n'est-ce pas?
Non, en fait, ils ont des soupçons. Ils se mettent même en grève. Mais ils ne peuvent pas faire grand chose. Aller voir la police? Dans quel pays du monde la police s'inquiète-t-elle de la disparition d'immigrés?
Mais quand même, leurs réactions sont... particulières.
Là où Big Boss convainc plus, c'est dans la noirceur, avec une violence à laquelle le public occidental, hors film d'horreur, devait être assez peu habitué à l'époque. Cela donne d'ailleurs quelques beaux passages, comme celui dans l'entrepôt.
Et là, on ne peut que regretter que le film n'ait pas été plus loin dans cette noirceur.
Avec un peu plus de mordant, le film aurait été bien plus prenant!
En revanche, on saluera le fait que les poncifs ne sont pas trop appuyés, comme ils le seront par exemple avec La Fureur du dragon.
Cela fait de ce Big Boss un film sympathique.