Peut-être parce que je connais un peu moins Carpenter, j'ai trouvé ce docu remarquable, plus réussi que ses équivalents sur De Palma, Tarantino, Friedkin, Altman...
Déjà, la forme est sympa, avec une ballade en bagnole dans la cité des anges (avec une escale dans la fameuse rue où fut tourné "Halloween"), quelques effets visuels en guise de clin d'œil, et une durée bien adaptée, ni trop brève ni trop longue (1H15).
Sur le fond, "Big John" revient sur la carrière de Carpenter depuis ses débuts, en faisant tout de même quelques impasses sur certains films, revenant évidemment sur ses démêlés avec les studios, et évoquant diverses anecdotes : la reconnaissance critique après "Mouth of Madness" ; la parfaite entente avec Kurt Russell, pourtant à l'opposé sur l'échiquier politique ; la cuistrerie des jurés d'un festival européen...
Parmi les intervenants interrogés, on croise quelques figures du cinéma de Carpenter, pas forcément les plus connues (hormis Adrienne Barbeau, qui fut aussi sa femme), ainsi que deux-trois experts français tels que Thoret ou Saada, chargés de poser un regard plus théorique sur sa mise en scène.
A ce sujet, si l'on comprend très bien l'approche clairement bienveillante de l'auteur sur un cinéaste "ostracisé", on aurait aimé entendre ponctuellement un point de vue opposé, histoire d'équilibrer un peu le propos.
Finalement, ce qui ressort surtout de ce docu, c'est la personnalité éminemment attachante de Carpenter, un mec humble et serein - et étonnamment bavard - qui a visiblement beaucoup de recul sur l'industrie hollywoodienne, mais qui n'en conçoit que très peu d'aigreur.
L'ancien réalisateur vedette a semble-t-il tourné la page, et se contente désormais de profiter de ses vieux jours en famille dans sa belle maison. De quoi attiser les regrets de ceux qui espéraient encore voir Big John s'atteler à quelque nouveau projet...