Ce film a été réalisé en 2022 par Jean-Pierre Jeunet pour Netflix. L’argument de départ m’avait plu, le casting semblait sympathique avec Isabelle Nanty, Elsa Zylberstein, Stéphane de Groodt…Une équipe avec un vrai potentiel comique, on se laisse donc tenter. En 2045, l’IA est partout et les robots ont pris le pouvoir sur les humains : dans un quartier résidentiel tranquille, quatre robots domestiques décident soudain de retenir leurs maîtres en otages dans leur propre maison. La maîtresse de maison tente de reprendre le contrôle de l’assistant vocal de la maison alors que les robots se pensent intelligents. Au final, le film se veut drôle mais ne l’est pas car on ne rit jamais vraiment. Rien ne fonctionne, le jeu des comédiens et comédiennes est souvent outré, la palme revenant à Zylberstein, ne faisant pas que frôler l’hystérie. La réflexion que cette farce indigeste aurait pu susciter passe à la trappe et il y avait de quoi s’interroger, les relations entre l’homme et la machine, la part de la technologie dans notre vie quotidienne, la tentation du passéisme. Ça n’est pas par manque de moyens car on le devine et on le voit, avec Netflix, ils sont importants, bien que Jeunet ait insisté sur le budget « limité » (12 millions d’Euros, de quoi faire rêver de nombreux réalisateurs…).
Non, c’est un manque criant d’idées, que ce soit la réalisation qui est au point mort (on parle quand même d’un type extrêmement doué à on doit « Alien 4 » par exemple, franchement bon, mais qui depuis pas mal d’années, a laissé ce talent au vestiaire et ne nous propose plus rien d'intéressant), une interprétation sans éclat et de dialogues, disons, poussifs pour rester polis, le tout s’étalant quand même sur pratiquement 2h...Le temps ne passe pas vite. Pourtant le film revendique des influences majeures comme « Brazil », « Blade Runner » et « 2001 l’Odyssée de l’espace », tout de même pas de la gnognotte ! Jeunet connaît bien sûr ses classiques par cœur mais est loin, très loin de leur rendre hommage. Un film qui n’aboutit à rien et c’est dommage. L’échec est patent.