Deuxième opus de la série des "... line", Black line est très plaisante série B grâce à la réalisation punchy, inventive et stylisée de Ishii. Les 15-20 premières minutes sont un petit modèle du genre avec son tournage une fois nouvelle dans les rues tokyoïtes nocturnes pour une narration allant droit à l'essentiel, rempli d'ellipses originales, d'accélérations inattendues et de jazz percutant. La réalisation accentue les contrastes du noir et blanc, multiplie les décadrages, les gros plans, les mouvements de caméra nerveux... De quoi faire oublier un scénario qu'on a déjà vu des dizaines de fois avec son héros accusé d'un crime qu'il n'a pas connu et qui doit trouver par ses propres moyens les véritables coupables. Comme dans les films d'Hitchcock, il sera secondé par 1 (voire 2) personnage(s) féminin(s) assez truculente(s) avec un comportement moderne, pétillante et à la sensualité provocante. Au point parfois de tomber dans une certaine gratuité puisque le scénario livre quelques séquences où les héroïnes aguichent le héros en sous-vêtements sans réelle justification (ou un trop facilement en tout cas). Mais avec la vedette maison Yoko Mihara, c'était un peu le passage obligée peut-on avancer.
Les relations entre les protagonistes sont ainsi un peu floues, et pas toujours claires, mais ça n'empêche pas la mélancolie de la dernière séquence de fonctionner.
Après le film ne répond pas à toutes ses promesses car les rebondissements manquent occasionnellement de surprises dans leur déroulement pour une écriture se contentant de compiler les passages obligés (le couple traqué assis dans un bus dans le lequel vient de grimper un policier). Et Ishii ne trouve pas tout le temps la petite astuce visuelle qui permettrait de renouveler le genre. Parfois, il la trouve mais ne parvient pas complétement à l'exploiter tel le combat final qui se déroule sur un train de marchandise et dont les placements de caméra ne permettent pas pleinement d'exploiter l'espace et l'architecture de l'arrière plan.
Dans l'ensemble, on ne s'ennuie pas, le casting ne manque pas de présence, le scénario trouve le bon dosage entre second degré et suspens et surtout Teruo Ishii s'amuse beaucoup derrière la caméra.