Black Line
-
Black Line

Film de Teruo Ishii (1960)

Deuxième opus de la série des "... line", Black line est très plaisante série B grâce à la réalisation punchy, inventive et stylisée de Ishii. Les 15-20 premières minutes sont un petit modèle du genre avec son tournage une fois nouvelle dans les rues tokyoïtes nocturnes pour une narration allant droit à l'essentiel, rempli d'ellipses originales, d'accélérations inattendues et de jazz percutant. La réalisation accentue les contrastes du noir et blanc, multiplie les décadrages, les gros plans, les mouvements de caméra nerveux... De quoi faire oublier un scénario qu'on a déjà vu des dizaines de fois avec son héros accusé d'un crime qu'il n'a pas connu et qui doit trouver par ses propres moyens les véritables coupables. Comme dans les films d'Hitchcock, il sera secondé par 1 (voire 2) personnage(s) féminin(s) assez truculente(s) avec un comportement moderne, pétillante et à la sensualité provocante. Au point parfois de tomber dans une certaine gratuité puisque le scénario livre quelques séquences où les héroïnes aguichent le héros en sous-vêtements sans réelle justification (ou un trop facilement en tout cas). Mais avec la vedette maison Yoko Mihara, c'était un peu le passage obligée peut-on avancer.
Les relations entre les protagonistes sont ainsi un peu floues, et pas toujours claires, mais ça n'empêche pas la mélancolie de la dernière séquence de fonctionner.


Après le film ne répond pas à toutes ses promesses car les rebondissements manquent occasionnellement de surprises dans leur déroulement pour une écriture se contentant de compiler les passages obligés (le couple traqué assis dans un bus dans le lequel vient de grimper un policier). Et Ishii ne trouve pas tout le temps la petite astuce visuelle qui permettrait de renouveler le genre. Parfois, il la trouve mais ne parvient pas complétement à l'exploiter tel le combat final qui se déroule sur un train de marchandise et dont les placements de caméra ne permettent pas pleinement d'exploiter l'espace et l'architecture de l'arrière plan.


Dans l'ensemble, on ne s'ennuie pas, le casting ne manque pas de présence, le scénario trouve le bon dosage entre second degré et suspens et surtout Teruo Ishii s'amuse beaucoup derrière la caméra.

anthonyplu
7
Écrit par

Créée

le 19 nov. 2016

Critique lue 170 fois

anthonyplu

Écrit par

Critique lue 170 fois

2

D'autres avis sur Black Line

Black Line

Black Line

6

JJC

151 critiques

Court avis ciné sur "Black Line"

🎞️ Une aventure en noir et blanc rythmée, palpitante et sexy (pour son époque en tout cas). Un film noir à l'ancienne, dans le style de ce que pouvaient produire les Américains dans les années 40 et...

le 17 mars 2025

Black Line

Black Line

6

Boubakar

6752 critiques

Présumé coupable

Un journaliste qui enquête sur un réseau de prostitution va se réveiller un matin en compagnie d'une témoin capitale, étranglée avec sa propre cravate. Il va devoir prouver son innocence auprès de la...

le 4 nov. 2022

Du même critique

A Taxi Driver

A Taxi Driver

7

anthonyplu

751 critiques

Maybe you can drive my car

L'ancien assistant de Kim ki-duk revient derrière la caméra après 6 ans d'absence. Il porte à l'écran une histoire vraie, elle-même plongée au cœur d'une page sombre de l'histoire sud-coréenne soit...

le 22 oct. 2017

Absences répétées

Absences répétées

9

anthonyplu

751 critiques

Absences remarquées

N'ayons pas peur des mots : voilà un chef d'oeuvre déchirant. C'est une sorte de cousin Au Feu follet de Louis Malle avec cette solitude existentielle et son personnage dans une fuite en avant vers...

le 8 oct. 2014

The Attorney

The Attorney

7

anthonyplu

751 critiques

Culture de l'avocat

Avec 13 millions d'entrées, ce film reste l'un des plus gros cartons coréen des dernières années mais demeure peu diffusé à l'étranger. La raison ? Yang Woo-seok s'inspire fortement de la vie de Roh...

le 18 nov. 2017