Véritable phénomène compréhensible dans un sens car c'est enfin un blockbuster qui met enfin en avant de façon juste des personnages noirs et donc un film populaire abordant un point de vue inédit dans ce genre cinématographique.
Et tout ce qui entoure ceci est clairement le point fort du film de par ses questionnements, et le naturel dans lequel l'environnement et les interactions sont mit en place. On a ici droit à de supers second rôles, majoritairement féminin et qui ne le sont pas de manières "gratuites", et à un méchant aux motivations compréhensibles et diablement efficace. Mais malheureusement cela ne fait que renforcer les grosses faiblesses du film.
En effet, que le méchant brille plus que le héros ça peut arriver souvent sans porter préjudice à une oeuvre, mais ici ça ne met qu'en avant le non charisme de T'challa, un héros si mollasson qui a potentiel de prestance pourtant si énorme. On en vient même à être du côté de ce Killmonger et de lui mettre des baffes en sa compagnie. Le but d'avoir de la compassion pour le méchant est réussi de ce fait mais par forcement pour les bonnes raisons. Jamais on ne voit vraiment l'héroïsme du Black Panther qui ne doit sa réussite qu'à sa cour.
Cette mollesse se retrouve sur l'ensemble du film avec sa mise en scène superficiel, même si l'on a parfois certaines fulgurances avec la fameuse scène du bar (et encore..), un pays du Wakanda qui est chouette à voir la première fois mais dont l’intérêt esthétique est vite zappé, un scénario des plus paresseux. Quelle honte d'avoir Kendrick Lamar dans sa bo et de mal l'utiliser, on frise le ridicule de mettre de mettre une ses tracks composée de grosses basses dans une scène de poursuite en voiture. Et les fx vraiment honteux sont inexcusables sur une telle production qui face à la médiocrité de tous les éléments ci-dessous renvoie aux mauvais blockbusters du début des années 2000 par ses scènes d'actions ou bien ses moments soit disant oniriques.
Mais le film ne tombe pas la dans la nullité abyssale grâce à ses qualités évoquées plus haut, on prend du plaisir quand certains éléments sont évoqués justement, la bo qui reprend des sonorités africaines de façon bien senti, l'enthousiasme du peuple wakandais ou bien quand on voit Andy Serkis s'amuser en cabotinant.
Mais malheureusement on est face à l'un des Marvel les plus creux, c'est dire. C'est même frustrant de voir l'extasie face à ce film alors que l'année d'avant sa sortie, si l'on reste dans les productions Marvel, James Gunn avec sa suite des Gardiens de la Galaxie et Taika Watiti avec Thor Ragnarok apportaient de réelles nouveautés et de vrais séquences cinématographiques plus couillus que ce que la plupart pense comparé à Black Panther.
Le plus dommage étant de voir Ryan Coogler à l'oeuvre de ce film fade alors que sur un gros film à licence comme Creed on avait vu qu'il savait bien manier une mythologie avec dynamisme et pertinence.
Mit en avant comme le renouvellement des blockbusters par des éléments de fond et de formes qui sont inédits et certes parfois réjouissants ceux-ci semblent mineurs face à la superficialité du reste.