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le 5 nov. 2025
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Quand c'est réussi et qu'on n'a pas trop envie de se torturer les méninges, une petite série B fantastique, c'est revigorant. Surtout si elle a un budget confortable de 30 millions de dollars... Ceci...
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Bon, depuis que Scott Derrickson s'est fait éjecté de Marvel, il végète un peu dans les projets moyens, qui à défaut de convaincre, lui permettent de varier les registres. D'ailleurs, ses deux derniers projets étaient des mélanges de genre. L'inégal The Gorge qui alliait la comédie romantique, le film mystère et l'apocalypse zombie, qui faisait passer une agréable soirée à défaut d'être marquant, et il y a eu Black Phone. Je l'avais vu en salles celui ci, puisqu'on retrouvait Derrickson ET Hawke sur un projet d'horreur, et que Sinister est dans le top 5 des meilleurs films d'horreur de tous les temps. Et on a tous été déçus. Alors le film n'est pas honteux. Le concept, c'était de prendre le genre du film de séquestration (ambiance lourde, ultra violence psychologique et parfois physique, d'autant plus que les victimes sont des enfants) qu'on a associé à un postulat fantastique un peu à la Del Toro où les fantômes sont des participants plus ou moins utiles. Cela permettait de meubler les séquences de solitude et d'attente. Mais au final, le film était mou, avec une tension pas très palpable et un déroulement trop statique qui n'offrait que peu d'évolutions et de retournements inattendus. Un film trop sage, infiniment moins étouffant et anxiogène que Sinister malgré les ingrédients avancés, qui nous ont refroidi dès la sortie. Alors je ne suis pas allé voir en salles Black phone 2, car OSEF de black phone, l'histoire était bouclée, on avait fini, pourquoi y retourner ? Scott Derrickson était-il acharné ? Comme son héros de Sinister, courrait-il derrière le succès de ses gloires passées ? J'ai donc rattrapé le film en streaming. Et je regrette aujourd'hui le passage en salle.
Il est évident qu'avec ce film, Scott Derrickson a voulu faire un pot-pourri d'éléments de plusieurs de ses films, mais aussi de plusieurs succès populaires du cinéma d'horreur dans plusieurs époques. Si les éléments issus de Black phone sont hélas nécessaires pour donner une structure au film, l'esthétique évoque beaucoup plus Sinister, de même qu'avec son ambiance très lourde et crade (mais ça, c'est son côté Terrifier). On est dans une traque basée sur du fantastique, ce qui peut un peu évoquer l'univers de Delivre nous du mal, mais si on doit bel et bien sortir une référence inattendue, mais bienvenue, c'est Les griffes de la nuit. Je parle du premier du nom, celui qui cherchait à faire flipper. Et je crois qu'avec tout ça, on a la recette du film. Il n'a rien à voir avec son prédécesseur. Là où le précédent avait une photographie terne et grise, celui ci a une photo froide, sombre, agressive. On était avant en huis clos, les personnages sont sans arrêt séparés dans un vaste espace qui les met tour à tour en danger. On était dans l'attente d'un rebondissement, on est ici à l'affût du moindre détail pouvant nous donner une piste. Car la recette de l'enquête est un peu là, il y a plusieurs gros mystères à résoudre, à commencer par les étranges rêves en format 16mm (so sinister) que fait notre petite soeur médium...
Sans dévoiler l'intrigue, on se lance ici dans une chasse au fantômes de victimes d'un serial killer basée sur des visions et quelques éléments fantastiques, dans un décor glacial qui nous évoque immédiatement la meilleure scène de Sinister, ou l'inévitable Shining. La première demi-heure est tout simplement formidable. On est un peu largué par la narration qui cultive le mystère et nos donne peu d'explications pour nous perdre dans son mélange de visions et d'angoisses réelles, avant de nous éclabousser avec du snuff façon sinister qui n'a rien à envier à Terrifier. Et c'est bien ça qui est nouveau ici, Scott Derrickson se lance dans du gore crade. Alors qu'il avait toujours privilégié la suggestion. Et cela donne un nouveau mélange, une nouvelle saveur qu'on explore avec curiosité. Globalement, la première heure et demie est de bonne qualité, on ne s'ennuie pas, l'ambiance est vraiment prégnante et les quelques avancées font plaisir. Mais les 20 dernières minutes ont leur lot de problème. Notamment parce que Scott Derrickson aime trop ses personnages. Il les écrit bien, il veut capter leur sincérité, en bref il les aime. Et malheureusement, il ne les tue pas assez. Il faut parfois des chocs, des traumatismes, pour marquer les étapes d'un film. Surtout avec un psychopathe qu'on veut rendre traumatisant, carrément démoniaque ici vu qu'il est déshumanisé sans arrêt par son masque. Et cela, malheureusement, on ne l'a pas vraiment. Après nous avoir éclaboussé d'une violence craspec dans ses débuts, le film s'assagit un peu trop et manque d'ampleur dans son final, malgré un climax émotionnel qui se voulait intense (victimes et bourreau enfin réunis pour un ballet sanglant) mais qui déçoit au vu des promesses de son introduction.
On sort donc du film un peu frustrés donc, car on n'a pas l'impression que le film s'est donné la peine d'exploiter tout son potentiel. Mais c'est clairement meilleur que le premier. Nettement plus sombre, plus imprévisible, plus agréable à parcourir, avec une ambiance plus marquante, des personnages plus assurés, une trame plus solide malgré l'aspect bancal de ce serial killer qui peu à peu frappe selon son bon vouloir, ce qui n'aide pas toujours à suspendre son incrédulité, quand on a du mal à cerner les règles qui régissent cet univers (ce n'était pas le cas chez freddy qui tuait dans les rêves, ça s'était simple et précis). Reste toutefois une honorable tentative qui apporte du renouveau et qui ne s'étale pas trop en longueurs inutiles. On se reverra sur un black phone 3 ;)
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le 5 nov. 2025
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le 5 nov. 2025
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