👉 17 juin : Mise à jour de notre journal de bord (qui devient hebdo)
Le bilan de la nouvelle version du site est accessible ici.

Je n'irai pas refaire un tour du côté de chez Swan

Je pourrais faire mon hypocrite et laisser ouverte la possibilité que je sois passé à côté du film. Mais d'une part cela ne correspondrait pas à mon impression, et d'autre part il m'a tellement énervé que je n'ai pas envie de faire dans la demi-mesure.

Aronofsky souhaite parler de thèmes aussi exigeants et profonds que la quête de la perfection, la folie qui peut en découler, les causes psychanalytiques de celles-ci, leurs manifestations sexuelles, psychologiques et auto-destructrices. Soit. Le problème, c'est que le traitement convaincant de ceux-ci requiert une finesse, une subtilité, une vision, un talent dont il semble être totalement dénué.

Chez les vrais réalisateurs (Coppola avec sa Conversation Secrète, Lumet avec Network, pour n'en citer que deux), la démence s'installe insidieusement, le malaise se créée progressivement, l'image et l'ambiance sont maitrisées à l'extrême et concourent à instaurer une ambiance unique et profondément dérangeante. Peut-être conscient de ses limitations, Aronofsky s'en tient aux grosses ficelles propres aux thrillers cheapos, à base de plans serrés sur l'héroïne visant à provoquer oppression et sursauts (attendus et médiocres), d'effets visuels (transformations physiques, hallucinations, apparitions) grotesques, de métaphores (putain, arrêtez avec les miroirs partout dès qu'on parle de schizophrénie, ça commence à être lourd) convenues, de jeux sur le son minables, de mutilations inutiles. Et quand il tente de s'élever au-dessus du lot, par le biais de l'érotisme névrosé, il se fourvoie totalement, la faute à une vision de la sensualité aussi adolescente et putassière que ridicule (sérieusement, réussir à me faire rire avec une scène de cunnilingus impliquant Natalie Portman et Mila Kunis, c'est en soi une forme de petit exploit).

Si seulement les défauts se limitaient à cela, l'œuvre pourrait encore être sauvée. Malheureusement, entre un scénario prévisible à base de twists déjà faits et plus à faire, des personnages insignifiants au possible au-delà de leur utilité narrative proprement dite, des dialogues anecdotiques et une réalisation qui suinte la prétention et le contentement de soi (pas vraiment justifiés), au point de gâcher des scènes de ballet pourtant très bien chorégraphiées, je ne vois guère à quelle branche se raccrocher. Peut-être à l'interprétation, globalement à la hauteur (on notera un Vincent C. moins insupportable que d'ordinaire), et évidemment à la musique de Tchaïkovsky, mais je doute que cela suffise à faire pencher la balance de la qualité du bon côté.

J'avoue avoir du mal à expliquer l'engouement immodéré que suscite cette pellicule, mais comme je vais m'employer à éradiquer chaque souvenir que celle-ci m'a laissé une fois cette critique publiée, vous comprendrez qu'il sera relativement ardu de m'ouvrir les yeux.

Bisous.

Kalian
2
Écrit par

il y a 11 ans

300 j'aime

255 commentaires

Black Swan
Kalian
2
Black Swan

Je n'irai pas refaire un tour du côté de chez Swan

Je pourrais faire mon hypocrite et laisser ouverte la possibilité que je sois passé à côté du film. Mais d'une part cela ne correspondrait pas à mon impression, et d'autre part il m'a tellement...

Lire la critique

il y a 11 ans

300 j'aime

255

Black Swan
Aurea
8
Black Swan

De chair et de sang

Peu importe que le film regorge d'excès en tous genres, qu'il mélange conte, thriller fantastique et drame psychologique : c'est un grand film et la vision inspirée du monde ô combien noir de la...

Lire la critique

il y a 11 ans

257 j'aime

103

Black Swan
Kalès
3
Black Swan

Un peu facile.

Portman qui fait la gueule tout le film : check. Esthétique immonde n'épargnant rien au spectateur en mode "la réalité, c'est moche" : check. Avalanche de bruitages répugnants et exagérés du style...

Lire la critique

il y a 11 ans

158 j'aime

54

Bref.
Kalian
3
Bref.

Y a un pépin, le bref.

Des thèmes parfaitement consensuels et profondément inintéressants (la drague, la procrastination, l'embauche...SU-PER !). Un personnage principal de gros mou vaguement loser stupide et méprisable...

Lire la critique

il y a 11 ans

213 j'aime

143

Blade Runner
Kalian
10
Blade Runner

She won't live...but then again, who does?

Blade Runner est l'une de ces rares œuvres que l'on ne peut facilement catégoriser sans tomber dans la simplification malhonnête. C'est une merveille de film noir. Une enquête passionnante et...

Lire la critique

il y a 11 ans

148 j'aime

14

Freaks - La Monstrueuse Parade
Kalian
10

Les freaks, c'est chic.

J'ai toujours une certaine appréhension avant de lancer un vieux classique adulé par des générations entières. Une peur irrationnelle qui me fait craindre que le tranchant de l'œuvre ait été émoussé...

Lire la critique

il y a 11 ans

109 j'aime

11