Black Swan, n'est pas un film sur la danse. C'est un film qui essaie de montrer comment chacun de nous est proche de la folie, et comment on est à deux doigts d'y sombrer à chaque fois que l'on doit se surpasser.

Black Swan peut sembler manichéen, puisque le film part du principe que l'on ne peut incarner à la fois le bien et le mal. On est soit l'un, soit l'autre. On assiste donc à l'évolution de Nina, choisie pour incarner le rôle principal du Lac des Cygnes. Nina passe d'un extrême à l'autre au cours du film : alors qu'au début, elle ne pouvait incarner que le cygne blanc, synonyme de pureté et d'innocence, elle s'en trouve bien incapable à la fin (cf. la chute), se transformant littéralement en cygne noir.

Blak Swan, c'est l'histoire d'une fille que l'on considère à la fois comme une enfant et comme une adulte. Nina accepte d'être une enfant tant qu'elle croit encore incarner le cygne blanc (cf. les peluches, les vêtements qu'elle porte, la mère qui lui coupe les ongles et la cajole), mais dès qu'elle se transforme en en black swan, elle s'oblige à grandir (cf. les fantasmes, la drogue, l'alcool, les peluches dans le vide ordure).

Black Swan repose sur une idée délicieusement surannée : la perfection ne peut être atteinte que par l'autodestruction. Ainsi, Nina se transforme peu à peu en Beth, au point de se confondre avec elle. Ce n'est qu'en se faisant du mal, qu'en se griffant et se poignardant que Nina parvient à jouer la facette sombre de son rôle. Le film laisse entrevoir deux conceptions différentes, voire opposées, de la perfection. Selon la première, perfection rime avec travail et persévérance. Mais Nina semble peu à peu réaliser que la perfection ne peut s'acquérir qu'en lâchant prise et en acceptant de s'interroger sur son identité même.

J'ai trouvé dommage que Darren Aronofsky n'arrive pas à se défaire de ce cliché qui lie perfection et autodestruction. C'est certainement une idée qui a fait long feu au XIXème siècle, avec la notion de "poète maudit", mais elle semble un peu dépassée à présent.

Au-delà de ce parti pris, le film est souvent d'une beauté époustouflante et sans fausse note et les acteurs (Natalie Portman, Winona Ryder, Vincent Cassel, etc.) sont formidables. On ne voit pas le temps passer, ou plutôt si, on ne le voit que trop bien à travers la transformation de Nina...
dindon
7
Écrit par

Cet utilisateur l'a également ajouté à sa liste Haut en couleur

Créée

le 13 févr. 2011

Critique lue 972 fois

dindon

Écrit par

Critique lue 972 fois

15
2

D'autres avis sur Black Swan

Black Swan

Black Swan

2

Kalian

le 6 févr. 2011

Suivre

Je n'irai pas refaire un tour du côté de chez Swan

Je pourrais faire mon hypocrite et laisser ouverte la possibilité que je sois passé à côté du film. Mais d'une part cela ne correspondrait pas à mon impression, et d'autre part il m'a tellement...

Black Swan

Black Swan

8

Aurea

le 25 juil. 2011

Suivre
Dernière modification

le 19 sept. 2012

De chair et de sang

Peu importe que le film regorge d'excès en tous genres, qu'il mélange conte, thriller fantastique et drame psychologique : c'est un grand film et la vision inspirée du monde ô combien noir de la...

Black Swan

Black Swan

3

Kalès

le 12 févr. 2011

Suivre

Un peu facile.

Portman qui fait la gueule tout le film : check. Esthétique immonde n'épargnant rien au spectateur en mode "la réalité, c'est moche" : check. Avalanche de bruitages répugnants et exagérés du style...

Du même critique

Microsoft FreeCell

Microsoft FreeCell

8

dindon

le 22 janv. 2011

Suivre

Apprendre à se concentrer

Comme j'ai cherché à l'expliquer à ma mère encore récemment, la FreeCell, n'est PAS une perte de temps. C'est le genre de jeu auquel on joue sans y penser, mais jamais sans penser à rien du tout. Au...

Titanic

Titanic

7

dindon

le 13 janv. 2011

Suivre

Titanic, avant/après

Oh que la critique est facile à présent! Qu'il est facile de se moquer du célèbre "Jack, je vole" (ou "I'm flying Jack!", selon le vo/vf) à chaque fois qu'il y a un peu de vent! Qu'il est facile de...

Gremlins

Gremlins

5

dindon

le 12 déc. 2010

Suivre

Mon premier film d'horreur

Je me souviens avoir regardé ce film pendant la pause de midi, un jour de pluie, à l'école primaire. Les instituteurs nous avaient tous parqués dans une grande salle, en démarrant la cassette VHS...