L'an dernier beaucoup se sont demandé s'il était légitime de condamner quelqu'un pour des actes qu'il n'avait pas encore commis. Peut-on condamner l'intention quand on se base sur un texte qui peut n'être que le moyen de se décharger d'une profonde souffrance? Peut-on, doit-on, interdire le spectacle de Dieudonné? Ou, comme l'écrivait Simone de Beauvoir, faut-il brûler Sade?
C'est un peu la question qui se pose pour Sean, 16 ans, arrêté pour avoir prémédité un massacre contre des élèves de son école. Pour ne pas rester dans un centre de détention, où la cohabitation peut être difficile, son avocat lui conseille de plaider coupable, quitte à mentir... Car la justice, ou plutôt la société, a besoin d'un coupable, peu importe la vérité.
Sean n'est pas loquace, mais ses gestes en disent long sur lui. Les personnages, bien qu'attachés, bien qu'entachés, sont surtout très attachants, au point que le film se termine quand on a l'impression qu'il vient à peine de commencer.