10
le 3 mars 2014
SuivreLe Discours d’un Roy
[SPOILERS/GACHAGE] Nombreux sont les spectateurs de "Blade Runner" à jamais marqués par le monologue final de Roy Batty, ce frisson ininterrompu le temps de quelques lignes prononcées par un Rutger...
Blade runner est sous ses allures de policier teinté d’action un film profond et esthétiquement bluffant. Les décors sont absolument prodigieux, mention spéciale étant faite au désormais célèbre immeuble qui abrite l’appartement de Sebastian. L’ambiance du film est poisseuse, il y pleut tout le temps, les ruelles sont malfamés et l’on y croise toute sorte d’individus. D’ailleurs pour l’anecdote, Rick Deckard aurait été inspiré par Philip Marlowe, le célèbre détective de Raymond Chandler. Les inspirations de Scott ne se limitent donc pas à la science fiction, son scénario non plus d’ailleurs : si la première version du film (merci la Warner…) était marquée par une simplicité toute hollywoodienne qui ravage beaucoup trop de films du genre, la version originelle est toute autre. Les premières phrases contiennent en germe tout le dilemme : les humains ont créés des êtres qui leur sont supérieurs pour les mettre en esclavage et leur refuser toute longévité (leur durée de vie est de quatre ans). Il suffit d’une rébellion pour que la machine s’enraye et que les tout puissants créateurs n’hésitent pas à supprimer bassement leurs « choses ». Et avec le personnage incarné subtilement par Sean Young la duplicité de l’opération apparaît au grand jour : cette androïde à qui l’ont a implanté des souvenirs factices n’a théoriquement pas droit aux sentiments ; et si l’amour qu’elle éprouve envers Deckard (Harrison Ford dans un de ses rôles les plus marquants) était sincère ? De même, la relation entre Sebastian, le créateur, et le personnage joué par Rutger Hauer mérite toute notre attention : du démiurge isolé et vieillissant précocement ou de l’androïde rejeté qui connaît à l’avance la date de sa mort prochaine, lequel est le plus à plaindre ? On pourrait s’attarder bien longuement sur les richesses d’analyse de Blade runner et on est en même temps pris par la beauté saisissante des images, par le souffle de la mise en scène, par la magie du cinéma.
Cet utilisateur l'a également mis dans ses coups de cœur et l'a ajouté à ses listes Les meilleurs films de science-fiction, Les meilleurs films avec Harrison Ford, Les meilleurs films de Ridley Scott, ► Philip K. Dick au grand écran et Les 100 fantastiques selon Mα∂ Mσνιєѕ
Créée
le 13 août 2015
Critique lue 498 fois
10
le 3 mars 2014
Suivre[SPOILERS/GACHAGE] Nombreux sont les spectateurs de "Blade Runner" à jamais marqués par le monologue final de Roy Batty, ce frisson ininterrompu le temps de quelques lignes prononcées par un Rutger...
10
le 7 déc. 2023
SuivreComment aborder un chef d’œuvre ? Qu’est-ce qui fait son unicité ? Enfant, j’ai été enthousiasmé par L’île sur le toit du monde, Le jour le plus long, L’empire contre-attaque ou Les Aventuriers de...
10
le 9 juil. 2014
SuivreToi qui crois regarder Blade Runner, ne vois-tu pas que c'est Blade Runner qui te regarde ? Il se moque quand tu hésites la première fois. Il te voit troublé par Rick Deckard, ce Blade Runner effacé...
3
le 28 mars 2016
SuivreJim Carrey me procure toujours une grande satisfaction quand il est dans la peau d'un personnage dramatique. C'est ce qui le rend encore plus talentueux, ce qui pêche ici c'est l'histoire, bien que...
8
le 17 oct. 2016
SuivreToute la patte de Veber pour passer un moment sans vraiment trouver des reproches pour cette comédie qui donne de l'oxygène. Casting qui séduit dès le début; dont là aussi je ne peux pas donner de...
8
le 9 mars 2016
SuivreIl suffit une centaine de minutes dégraissées jusqu'à l'os à Nid de guêpes pour renvoyer dans les cordes les champions autoproclamés du "cinéma de genre" made in France. Unité de lieu (un hangar),...