Le fond de l'Eire effraie
C’est amusant, je me souviens que déjà, à sa sortie, le film avait la réputation d’un sous-speed de seconde zone avec casting fatigué et mollesse à tous les étages… Bien entendu, j’étais persuadé que je n’aurais jamais l’occasion de voir ce film, c’était compter sans les à cotés et les impondérables qui rythment mon existence dissolue et versatile.
Alors, d’abord, pas grand-chose à voir avec Speed, finalement, à part un méchant débile qui aime faire joujou avec les bombinettes… Mais que voulez-vous, ça devait sortir en même temps, on rapproche ce qu’on peut… Jeff Bridges était, comme d’habitude, dans un creux de sa carrière et cachetonnait sans vergogne comme une professionnelle de la rue St Denis… Tommy Lee Jones venait de gagner son oscar il avait donc le droit de faire n’importe quoi, ce qu’il fait ici, persuadé comme il est d’être cool en faisant le clown alors que ses rôles les meilleurs sont toujours en retenue… Papa Bridges vient soutenir son fils, ça donne des accents irlandais de partout, pas toujours les plus fins d’ailleurs… La poule est moche et en plus elle a une môme. Quant à Forest Whitaker son rôle est tellement inutile que je préfère ne pas m’attarder sur sa façon inimitable de le massacrer…
L’histoire est assez nulle mais pouvait donner naissance à un film honorable du dimanche soir, s’il avait duré 1h30 au lieu de 2, déjà et s’il avait été réalisé par un tâcheron efficace. Tenez… Typiquement le genre de film pour lesquels je regrette le métier de Tony Scott, moi, et je ne pensais pas devoir dire ça un jour…
Histoire de démineur contre terroriste, donc, avec un background irlandais très lourd pour faire bonne mesure… Inutile de dire que bien qu’interdits par la convention de Genève depuis plusieurs décennies, les fameux flash-backs intempestifs du traumatisme fondateur du héros sont plus que présents lors de ce divertissement besogneux relativement bas de gamme devant lequel il sera bien difficile de ne pas rester de marbre…