Ceux qui me lisent habituellement savent que j’ai de la sympathie pour le réalisateur canadien Brandon Christensen, puisque j’ai récemment chroniqué son précédent film sorti fin 2025, NIGHT OF THE REAPER, un honnête slasher en hommage direct à l'âge d’or du genre dans les années 80. C’est à lui qu'on doit également l’excellent SUPERHOST, un found footage datant de 2021 déjà, de loin son meilleur film.
Il revient donc pour son sixième film en à peine 10 ans, avec cette fois-ci encore un found footage, pas des plus originaux, mais suffisamment correct pour qu'on s'y attarde.
BODYCAM, comme son nom l’indique, suit une intervention policière dans un logement d’un quartier marginal, suite à une dispute conjugale. Lorsque l’un des deux agents de police fait une bavure, il tente alors de dissimuler son acte, mais il semblerait que la brigade d’intervention soit épiée par quelque chose qui les dépasse.
Rien de bien nouveau, on n’est pas du tout dans un film qui va chercher à réinventer le genre, mais plutôt à jouer sur les variations qu’offrent le principe du found footage.
C’est à dire que l’action se passe quasiment en temps réel, et est suivie par le spectateur par l’intermédiaire des 2 bodycams, ces caméras embarquées fixées sur les poitrines des policiers, censées enregistrer les interventions, ainsi que de la dashcam de leur véhicule, comme caméra d’appoint.
S’il pêche par un manque d’originalité, on croirait voir un segment de la saga V/H/S étiré sur la durée d’un long-métrage, on se concentrera plus sur l’exécution, qui elle, est assez réussie. On passera évidemment sur les inévitables clichés du film de possession, et les jumpscares pas vraiment subtils, pour se focaliser sur la cohérence de l’ensemble. D’un postulat de base pas très novateur, le réalisateur arrive à en tirer une intrigue qui tient la route, sans temps mort, ce qui fait qu’on accroche très vite à l’histoire et qu’on suit facilement le développement du récit, encore une fois cousu de fil blanc certes, mais pas déplaisant pour autant. Un film d’horreur qui se regarde très facilement en somme.
D’où le défaut principal de BODYCAM, s’il est très simple à regarder, il ne laisse pour autant pas un souvenir impérissable, le genre de film qu’on oublie très vite. Même s'il se veut assez sérieux et pas avare en scènes de flippe, difficile de le voir sortir du lot, par manque d’ambition et de moyens bien sûr, mais surtout dans ce sous genre précis de l’horreur, aucune scène ni image n’est vraiment impactante au point de donner des cauchemars. Ce qui est plutôt ennuyant pour du found footage, un genre qui regorge de pellicules amateures à la qualité discutables, mais où il est très difficile de tirer son épingle du jeu.
Soit les films brillent par leur authenticité, leur sincérité, soit à l’inverse, certaines images marquantes imprègnent durablement la mémoire. Ce film se situe malheureusement un peu entre les deux.
Sans être une totale déception, BODYCAM, malgré le fait qu'il parvient à installer une petite tension qui tient le rythme toute la durée du visionnage, grâce à son procédé de filmer une intervention de police à la première personne en temps réel, ne restera cependant pas en mémoire bien longtemps.
La faute à un manque cruel d’ambition, de la part d’un réalisateur qui a l’habitude des petites série B dignes d’être distribuées uniquement sur plate-formes, on ne pourra pas lui en vouloir, même si ça reste en deçà de ses travaux précédents.
Le thriller immersif se transformant au fil du récit en cauchemar démoniaque, plaçant les 2 protagonistes (et nous avec) dans une posture de victimes potentielles, réussi à immerger le spectateur dans l’ambiance du film, qui a parfois la fâcheuse tendance à dériver vers le jeu vidéo à la première personne, en raison de certains effets numériques assez moches (la scène de fuite en voiture vers la fin).
BODYCAM n’est pas un mauvais film, il est plein de qualités, c’est juste un film moyen, à voir une fois pour la curiosité, mais qui restera probablement noyé dans la masse des found footages classiques. Sur ce, je retourner mater la pépite SUPERHOST.
Ma note : 5/10
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