Bohemian Rapsody est un film qui nous a hérissé le poil, autant pour ses scènes de concerts grisantes et énergisantes que pour ses approximations scénaristiques et sa genèse chaotique.
Outre un accouchement long et difficile, ponctué de changements aussi importants qu’improbables: changement de réalisateur, changement d’acteur principal, notamment Sacha Baron Cohen qui a claqué la porte, avant que le rôle ne soit repris par Rami Malek ; ce qui nous laisse un petit goût amer, c’est qu’après la projection, animé par cette irascible envie d’en savoir plus et de débattre, nous sommes partis creuser l’histoire de Freddie Mercury !
Et là, ça nous a un peu chafouiné ! Lorsque l’on se rend compte que ce biopic fait sa petite cuisine avec la chronologie des faits, manipule probablement le temps et semble réécrire une partie de l’histoire pour les besoins du scénario afin de nous tirer une larme et renforcer la tension dramatique, et bien … on est pas forcement OK avec ça.
Mais à côté de ça, ce que ce film offre de remarquable, c’est cette immersion sur scène, cette énergie communicative, cette communion avec le public, que l’on ressent, qui vous hérisse le poil et vous noue la gorge. Plongé en plein cœur de la scène, étourdit par le vrombissement de la foule, on vit le concert Live Aid comme si on y était et ça c’est vraiment réussi ! Au-delà de la simple reconstitution et sans tomber dans la vulgaire imitation, Rami Malek nous livre une excellente interprétation. Il y est bluffant, nous livre une performance d’acteur qui nous tient tout au long du film et nous fait ressentir un éventail d’émotions.
Alors, au final on est mitigé. Si on ressent aujourd’hui le second effet kiss cool, on n’en oublie pas pour autant ce sentiment d’énergie hyper positif que l’on a ressenti en sortant de la projection et qui nous a accompagné plusieurs heures après la fin du film. Cette envie de pousser les murs, de chanter, de créer et ça, c’est déjà pas mal !