Bon rétablissement, c'est ce qu'on lance aux gens qui ont petite mine au fond de leur lit d'hôpital, à l'image de Gérard Lanvin dans le film. Si cette petite mine peut s'expliquer par les douleurs post-opératoires, je me suis toujours dit que c'était surtout dû à la bouffe aseptisée, light et sans goût qu'on leur sert sous cloche plastique moulée.
A l'occasion de son séjour en clinique, Lanvin, il devient témoin du petit monde qui y évolue et des anecdotes plus ou moins savoureuses que nous pouvons tous avoir vécues. Jean Becker enfile ainsi ces petites saynètes sans entrain et les messages pseudo-sociaux parfois lourdingues.
Bon rétablissement, c'est ce qu'on pourrait aussi souhaiter à Jean Becker qui, derrière la caméra, est en toute petite forme. Car son dernier effort se révèle passe partout, sans passion et plat, avec autant de goût que la bouffe qu'on sert à l'hôpital et dont il en partage la consistance : molle, comme la purée, le steak finement haché et la compote sous cloche plastique moulée.
J'aurais pu aussi dire qu'il adopte le rythme assez mollasson du déplacement des petits vieux convalescents dans les couloirs de la clinique, ceux qui ont besoin d'une rampe ou d'une canne pour se tenir et ne pas perdre l'équilibre.
Etonnant de la part de Becker de livrer un film aussi mineur, si dénué de la gravité, du coeur et des sentiments qui animent d'habitude ses longs métrages.
Même si les bouquets sur la table de chevêt, les chocolats et les ballons multicolores, c'est cool, espérons seulement qu'il quitte rapidement son lit d'hôpital...
Behind_the_Mask, en blouse blanche et seringue à la main.